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Collectif Schizophrénies
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Notre réaction aux annonces sur la psychiatrie

Alors que le malaise de la psychiatrie s’affiche désormais dans les médias, que la Fondation Fondamental publie un ouvrage intitulé « Psychiatrie, l’état d’urgence », la ministre de la Santé Agnès Buzyn a rendu publique en juin sa « feuille de route santé mentale et psychiatrie », puis réaffirmé le caractère prioritaire de la psychiatrie à l’occasion de l’annonce du plan « Ma santé 2022 » par le Président de la République.

Le Collectif Schizophrénies, qui porte un regard très critique sur la qualité de la prise en charge actuelle de la schizophrénie en France souhaite réagir à ces différentes annonces.


La psychiatrie est déclarée comme priorité et c’est une bonne nouvelle.

La feuille de route, au fil de ses 37 actions égrène en effet la situation critique de la France sur à peu près tous les volets de la santé mentale : absence d’information du grand public, surmortalité par suicide comparée aux pays voisins, surmortalité considérable des personnes souffrant de troubles psychiques par défaut de prise en charge somatique, inadaptation de la formation des professionnels, absence de partage de bonnes pratiques, manque de coordination entre psychiatres et généralistes, et entre professionnels des secteurs sanitaire, social et médico-social, niveau inédit de soins sans consentement , carence des prises en charge ambulatoires et à domicile, y compris pour les urgences, développement insuffisant de l’offre psychosociale , taux de chômage majeur des personnes souffrant de troubles psychiques sévères , manque de logement à leur intention, absence d’accès précoce aux soins - facteur décisif du pronostic, dépérissement de la pédopsychiatrie, position à la traine de la France en matière de e-santé mentale, effort de recherche en santé mentale inférieur à celui des pays équivalents… Au moins les constats sont là.

Sur la schizophrénie spécifiquement, plusieurs annonces et actions de la feuille de route croisent particulièrement nos préoccupations et attentes :
- un objectif de « rétablissement » des patients cité 9 fois,
- le renforcement de la logique de la preuve pour l’évaluation de la qualité des pratiques (actions 23 à 29),
- Le déploiement en France d’actions de psychoéducation structurée qui ont fait leurs preuves à l’étranger, telles que les Premiers Secours en santé mentale.
- mais aussi le développement de la réhabilitation psychosociale (action 18), l’amélioration du suivi somatique (actions n° 11, 14 et 15) , des prises en charge ambulatoires (action 9), l’amélioration de l’accès à l’emploi (action 35), au logement (action 36).
La réaffirmation dans le Plan santé 2022 de la mise en place prochaine des PTSM constitue également une très bonne intention.


Cependant, on ne perçoit pas aujourd’hui l’accélérateur qui va concrétiser la priorisation annoncée 

Des moyens supplémentaires, qui seraient pourtant particulièrement nécessaires pour la prévention, la détection précoce, une meilleure prise en charge des enfants et des jeunes, ne sont pas envisagés. Et il n'y a pas de refondation du système de soins actuels, même si des pratiques innovantes et expérimentations qui se sont construites en marge, voire en opposition à celui-ci sont mises en avant. 

Les soins de réhabilitation sociale vont ainsi faire l’objet d’une prochaine instruction ministérielle, ce qui est très positif sur le principe, puisque les usagers aujourd’hui n’ont pas la possibilité d’accéder à des pratiques recommandées de longue date au niveau international pour la schizophrénie, comme la psychoéducation ou la remédiation cognitive.
Cependant sur le terrain, les professionnels ne sont globalement pas incités à se former pour pratiquer et rendre possible ces soins dans l’ensemble des secteurs de la santé mentale. Et l’efficacité de ces pratiques n’est pas assez diffusée et soutenue par les pouvoirs publics. Dans le même temps, l’Etat finance des cliniques institutionnelles, des CMP, des hôpitaux de jours ou autres dispositifs qui ne mettent pas en place d’outils de réhabilitation psychosociale et dont les pratiques ont peu évolué depuis les années 70.

♦ Que ce soit pour la schizophrénie ou d’autres troubles comme l’anxiété ou la dépression, la feuille de route ne prévoit pas de démarche pour fournir à la population une meilleure compréhension et une plus grande lisibilité de l’offre disponible en matière de psychothérapies validées. Les expérimentations de remboursement de consultations de psychologues en cours, dont les conditions d’évaluation sont d’ailleurs peu claires, excluent de surcroît les troubles sévères comme la schizophrénie.


Plus profondément, la dimension systémique de la maladie mentale ne nous semble pas assez intégrée. 

Nous sommes bien placés, en tant que personnes confrontées à la schizophrénie, pour savoir qu'en surplomb de la prise en charge individuelle, c’est d’abord le regard posé sur les troubles et ceux qui en souffrent qui empêche collectivement d’avancer sur la prévention auprès des jeunes, l’accès précoce aux soins, l’amélioration de la qualité de vie et l’inclusion sociale des personnes malades.

Nous sommes préoccupés de constater que la crise de la psychiatrie reste l’objet d’échanges essentiellement entre autorités sanitaires et professionnels de santé, sans inclure d'autres acteurs en particulier les usagers eux-mêmes et leur entourage. Les annonces récentes marquent un net recul de leur place par rapport aux textes (décret et circulaire) relatifs au PTSM.

Concernant les usagers, la feuille de route évoque GEM et autres modalités de pair-aidance, pour aussitôt affirmer la nécessité de les évaluer. Exigence qu’on aimerait voir appliquer avec autant de rigueur à l’ensemble des prises en charge psychiatriques, notamment celles portant atteinte aux droits fondamentaux des patients.

Quant aux familles, alors que les textes relatifs au PTSM promeuvent la psychoéducation des proches (inscription par exemple du programme Profamille dans la boîte à outils des bonnes pratiques citées sur le site du ministère), plus aucune mention n’en est faite dans la feuille de route et le Plan Ma Santé 2022.
Acoompagner les familles est pourtant une mesure de bon sens, peu coûteuse et très efficace. Combien d’équipes hospitalières de psychiatrie, parmi toutes celles débordées par le « manque de lits », proposent des programmes de psychoéducation des familles qui divisent par deux le taux de rechute des malades pour la schizophrénie ?

Au-delà de la formule rituelle de « lutte contre la stigmatisation », rien de concret n’est proposé.
Nous constatons qu’en matière de maladies mentales, aucun mandat n’est donné à Santé Publique France, organisme officiel d’information santé. Aucune mission n’est confiée non plus à l’audiovisuel public, alors que les médias sont pointés dans la feuille de route (de façon un peu lapidaire) comme le vecteur majeur de la stigmatisation des malades.
Seules les semaines d’information en santé mentale sont évoquées, alors que si elles parviennent à toucher partiellement un public, c’est en grande partie grâce aux bonnes volontés et à la mobilisation des associations.
On peut regretter par ailleurs que le travail de fond du Psycom ne soit ni cité, ni encouragé.


Nous redoutons, malgré des avancées dans le discours et dans les textes, la poursuite d'une politique de surface.

Il nous semble que le personnel politique, en retard sur la société, porte de très mauvaises représentations des maladies psychiques et de la psychiatrie. En témoigne, à l’arrière-plan des annonces de santé, le décret Hopsyweb, qui établit à l’emporte-pièce un lien entre terrorisme et soins sous contrainte et vient désigner les centaines de milliers de personnes qui ont le malheur d’être malades comme des citoyens suspects devant être soumis à un régime d’exception.

Ou bien la ministre de la santé qui, pour rejeter l’idée proposée par la Fondation Fondamental, d’un « INCa » pour la psychiatrie, déclare qu’il n’y a dans cette discipline « aucun progrès technique à intégrer à la pratique ».
Voilà qui va donner de l’espoir aux 200 000 personnes que leur souffrance psychique amène à tenter de se suicider chaque année en France.
Qu’en est-il alors des nouvelles techniques de communication, de la remédiation cognitive ? Les malades n’ont-ils donc rien à espérer des neurosciences, de l’imagerie médicale, de l’intelligence artificielle, de la réalité virtuelle, de la médecine personnalisée … ? Nous regrettons une vision qui est malheureusement en ligne avec le classement médiocre de la France en matière de recherche et de e-santé mentale.

Nous espérons que ce gouvernement, qui hérite d’une situation très difficile liée à des décennies d’inaction, saura saisir l’enjeu de modernisation que portent pour la société toute entière les questions de santé mentale, de la psychiatrie, de l'inclusion des personnes avec un handicap psychique.

Nous continuerons quoi qu’il en soit nos actions d’information du public et de soutien aux personnes touchées, avec tous les partenaires et les professionnels qui ont à cœur de faire de la psychiatrie une discipline de progrès et de redonner aux personnes qui souffrent de troubles psychiques sévères une chance de retrouver la place qu’elles méritent au sein de la société.

Colloque Schizo oui

A l'occasion de ses 20 ans d'existence, l'association Schizo Oui organise le LUNDI 15 OCTOBRE 2018, à 9h un Colloque "SCHIZOPHRÉNIE : DES REPÈRES POUR DEMAIN !" au Ministère de la Santé, salle Laroque (14, avenue Duquesne 75007 Paris).

Qu'est ce qui a évolué en 20 ans pour la schizophrénie ? En termes de prise en charge médicale, de la place donnée au patient et à son entourage, d'accompagnement social et de regard posé sur la société sur ces troubles ?

Parmi les intervenants seront présents le Pr Krebs (CHU Ste-Anne), le Dr Schurhoff (Groupe hospitalier Henri-Mondor/Albert Chenevier), le Pr Passerieux (Centre Hospitalier de Versailles) et d'autres professionnels ou chercheurs intervenant en faveur de la déstigmatisation de la schizophrénie et du rétablissement de patients.

>> Cliquez ici pour consulter le programme

ENTRÉE GRATUITE mais INSCRIPTION OBLIGATOIRE par mail à :
par mail à :
ou téléphone au 01 45 89 49 44
ou courrier à : Schizo ? ...Oui ! 54 rue Vergniaud, Bât. D - 75013 PARIS (indiquer : nom, prénom, adresse, profession ou statut,


Logo Fondamental

Le 7 juin dernier, la Fondation Fondamental a convié les associations du Collectif à une conférence-débat autour de l’ouvrage à paraître en septembre 2018, « Psychiatrie, l’état d’urgence » co-écrit par les Pr Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca, en collaboration avec l’Institut Montaigne, et avec le soutien de la Fondation Sisley d’Ornano.

L'occasion de partager les constats qui fondent l'action du Collectif Schizophrénies et la faible qualité des soins en France : une durée de psychose non traitée évaluée à 2 ans pour les schizophrénies, une sur-prescription d'anxiolytiques et d'antidépresseurs, une absence de diagnostic des pathologies somatiques, une rupture de la prise en charge entre pédopsychiatrie et psychiatrie de l'adulte ...

Une des conséquences de cette faible qualité des soins saute aux yeux : la très faible diminution de la prévalence du suicide en France.

Parmi les causes de cette situation déplorable, la formation initiale et continue des professionnels du secteur sanitaire et social qui investit trop peu les thérapies alternatives : thérapies cognitivo-comportementales, psycho-éducation, remédiation cognitive. Et aussi l'absence de sensibilisation des enseignants et des familles aux troubles.

Si les soins conformes aux recommandations internationales sont si peu appliqués en France, c'est aussi qu'ils peinent à se déployer sur les territoires : aucune obligation n'est faite aux médecins.

Puis quelques chiffres éloquents à ne pas oublier : le coût de la santé mentale en France est estimé à 109 milliards d'€ chaque année, dont 22 milliards de coûts directs. C'est le premier poste de dépenses de l'assurance maladie.

Alors pourquoi ne pas suivre l'exemple des pays voisins qui lancent des expérimentations, les évaluent et les adaptent ? Prise en charge ambulatoire en Grande-Bretagne et au Danemark, dépistage précoce en Australie et au Canada, équipes mobiles dédiées à l'entrée dans la maladie en Suisse ...

Pourquoi aussi ne pas soutenir davantage la recherche en santé mentale ? En France, son budget représente 2 à 4% de la recherche médicale, contre près de 10% en Finlande et 16% aux Etats-Unis ? C'est d'autant plus urgent que l'on observe depuis 10 ans un désinvestissement de l'industrie pharmaceutique dans ce domaine. Et que les perspectives sont stimulantes en matière d'immunologie, de stimulation cérébrale, d'objets connectés, de médecine de précision. Et enfin qu'il n'existe pas à ce jour de suivi de cohorte ! Un objectif que se fixe la Fondation Fondamental.

Le vœu exprimé par la Fondation Fondamental est politique : susciter un élan politique national avec des propositions destinées à faire sortir de l’ombre la psychiatrie. Nos associations comptent bien continuer de s'y associer.

crehpsy
L’association Promesses a été invitée le 19 juin par le CReHPsy (Centre Ressource Handicap Psychique) des Pays de la Loire à participer à sa journée thématique « Handicap Psychique, stigmatisation et media ».

Il a été rappelé en introduction, que les personnes vivant avec un trouble psychiatrique doivent au quotidien affronter les préjugés hérités du passé. Incohérence, violence, absence de sentiment, irresponsabilité leur sont attribuées comme des évidences, sans discussion ni distinction. La culture dans laquelle nous baignons, le discours ambiant, les médias, les parodies, les plaisanteries, les réseaux sociaux véhiculent des idées sommaires, indigentes, voire insultantes.

Aude Caria, Directrice du Psycom a d’abord présenté un exposé sur les racines profondes de la stigmatisation, inscrite tant dans la représentation de la folie dès l’Antiquité que dans l’histoire moderne de la psychiatrie.
L’association PromesseS a présenté l’étude qu’elle a fait réaliser par l’ObSoCo sur « l’image de la schizophrénie à travers son traitement médiatique», qui montre à quel point l’image de la maladie est déformée dans les médias, mais aussi comment ces fausses représentations prospèrent faute de discours référent et d’informations justes et incarnées émanant des professionnels et des personnes qui vivent avec la maladie.

pres crehpsy
>> Pour en savoir plus sur la présentation, voir le powerpoint 
>> Pour en savoir plus sur l'étude, voir médias : évitez de stigmatiser

Sébastien Rochard, journaliste indépendant (notamment pour la presse régionale) et coordinateur de l'association d'éducation aux médias Report'Cité, a donné son point de vue de journaliste.
Il a rejeté la mise en accusation un peu facile « des médias » dans la stigmatisation, insistant sur la différence entre le journalisme d’information et les médias de divertissement qu’il ne faut pas amalgamer, et rappelé que la majorité des journalistes travaillent en conscience et avec professionnalisme.
A cet égard, il trouve plutôt agaçantes les initiatives telles que le Mémo « Médias et Psychiatrie » qui prétend donner des leçons de journalisme à des professionnels dont la plupart sont compétents et responsables.
Il a reconnu les contraintes du métier, soumis en ce qui concerne la presse écrite à des difficultés économiques, exigeant de s’adapter aux attentes des lecteurs, de toucher leurs émotions (mais l’émotion, c’est aussi l’humain comme il l’a été rappelé), et de réagir immédiatement aux événements. Il a explicité le fonctionnement d’un journal où des titres et unes peuvent être décidés par le patron de la rédaction sans que le journaliste auteur de l’article y soit impliqué. Il a cependant souligné que les journlaistes se heurtaient souvent dans le domaine de la psychiatrie à un refus de communiquer de la part des professionnels, qui ne favorise pas le meilleur traitement du sujet.

Denis Legay, psychiatre, directeur du Crehpsy, a souhaité voir les discours changer et appelé pour cela à une conscience collective, relayée, notamment par les médias, mais requérant aussi l’implication des professionnels qui ont sans doute une responsabilité à assumer.

Outre ces interventions, la journée a vu de nombreuses prises de paroles de proches, mais aussi d’usagers, venant de deux nouvelles associations :
- Pouvoir d'Agir 53, association de pairs-aidants, (dont l’un des membres siège également au CA du Collectif Schizophrénies via l'association Schizojeunes).
- P.PSY Loire, association de patients qui relaie localement les informations de la FNAPSY.
Preuve que les usagers prennent davantage la parole et sont décidés à agir pour susciter des changements de représentation de leurs troubles.

Capture site minis profamille

Le Ministère des  Solidarités et de la Santé vient de publier sur son site des exemples de dispositifs à même d’améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles psychiques.

Nous sommes très heureux de voir enfin répertorier des exemples concrets d’initiatives, comme la psychoéducation des proches, avec le programme Profamille, qui illustrent les changements à mener
pour améliorer l'organisation des soins sur le territoire.

>> En savoir plus : 
http://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/parcours-des-patients-et-des-usagers/projet-territorial-de-sante-mentale/illustrations/article/programme-d-education-therapeutique-profamille

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des avancées apportées par l’article 69 de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 et de son décret d’application du 27 juillet 2017 concernant les Projets Territoriaux de Santé Mentale (PTSM).

Avec la publication de l’instruction ministérielle précisant le décret, les ARS, (Agences régionales de santé) sont garantes de l’élaboration d’ici fin 2020 de projets territoriaux de santé mentale mettant en œuvre les 6 priorités suivantes, inscrites dans le décret :

• Le repérage précoce des troubles psychiques, l’accès au diagnostic, aux soins et aux accompagnements conformément aux données actualisées de la science et aux bonnes pratiques professionnelles.
• Le parcours de santé et de vie de qualité et sans rupture, notamment pour les personnes présentant des troubles psychiques graves et s’inscrivant dans la durée, en situation ou à risque de handicap psychique, en vue de leur rétablissement et de leur insertion sociale.
• L’accès des personnes présentant des troubles psychiques à des soins somatiques adaptés à leurs besoins.
• La prévention et la prise en charge des situations de crise et d’urgence.
• Le respect et la promotion des droits des personnes présentant des troubles psychiques, le renforcement de leur pouvoir de décider et d’agir et de la lutte contre la stigmatisation des troubles psychiques.
• L’action sur les déterminants sociaux, environnementaux et territoriaux de la santé mentale.

>> En savoir plus :
http://solidarites-sante.gouv.fr/systeme-de-sante-et-medico-social/parcours-des-patients-et-des-usagers/projet-territorial-de-sante-mentale/projet-territorial-sante-mentale

Stand PromesseS Rehab 2018
L’association PromesseS était présente au congrès Réhab des 31 mai et 1er juin derniers, avec 5 de ses membres qui, tout à la fois, suivaient les sessions et assuraient l’accueil de nombreux visiteurs sur le stand de l’association.

Plus de 120 livrets « Paroles de Profamille y ont été remis en main propre à des professionnels de la santé mentale, venant de toute la France , et y compris des Dom Tom. Magnifique petit outil transactionnel d’ouverture au dialogue !

livret paroles de profamille
La culture « réhab » se confirme et s’installe autour d’une grande famille militante et que nous connaissons bien et qui nous considère comme des leurs. Elle produit chaque année des avancées significatives et des recherches appliquées diversifiées.

Rehab

En accord avec le décret d’application de la loi sur la santé mentale, et la fabrique en cours des « PTSM », Projets territoriaux de Santé mentale, plusieurs tendances semblent aller dans le bon sens :

♦  Un déploiement de plus en plus large des outils de réhabilitation sociale aux côtés de la prise en charge médicale, avec objectif « ensemble du territoire ». Cet objectif est adossé à des impératifs de preuves,  c'est à dire d’évaluations des dispositifs et de rationalisation des moyens.
♦ L’ouverture et le décloisonnement des pratiques, dans l’esprit du décret. Ce sont bien les besoins du patient, à chaque étape de son parcours de vie, qui doivent façonner l’offre de soin, et ses modalités d’accessibilité et non l’inverse.
♦ Le partage et la collaboration plus affirmés des professionnels avec les usagers et les aidants.
 
Le programme Profamille bénéficie d’une cartographie remise à jour et se voit aujourd’hui complété par d’autres programmes de psychoéducation destinés à l'entourage.
L’ouvrage piloté par Nicolas Franck « Traité de réhabilitation psychosociale » était en vente en avant première.

La députée Martine Wonner a été interpelée sur la suppression du CNSM (Conseil National de Santé Mentale), tous les acteurs exprimant leur inquiétude sur le devenir de la santé mentale dans les projets du gouvernement.
Elle nous a invités à nous manifester dans le cadre du colloque sur la Santé Mentale prévu à l’Assemblée Nationale à la rentrée prochaine. Nous y serons ! 

Capture CP unafam co

Nous relayons le communiqué de l'AdESM, de l'UNAFAM et de la FNAPSY dénonçant le décret du 23 mai 2018 relatif au fichier HOPSYWEB.

De quoi s'agit-il ?
Un arrêté de 1994 donnait la faculté au niveau départemental de tenir un fichier des personnes hospitalisées sans leur consentement, à des fins de suivi. Ce fichier Hopsy traitait des données nominatives sans droit d'opposition auprès de la CNIL, mais les données n'étaient pas systématiques ni centralisées, elles n'étaient accessibles qu'à quelques autorités et étaient effacées au bout d’un an.

Le décret du 23 mai relatif à Hopsyweb, signé par la Ministre de la santé, oblige les ARS à organiser au niveau national le traitement informatisé nominatif de toutes les personnes hospitalisées sans consentement, pendant 3 ans, avec un accès étendu à davantage d’autorités de police et judiciaires. Ces dispositions font suite à des considérations de sécurité émanant du ministère de l'intérieur dans un contexte de risque d'attentats terroristes.  

Par rapport à Hopsy, Hopsyweb modifie les points suivants :  
- Les données conservées passent de 1 à 3 ans, toujours sans droit d’opposition à la CNIL
- La base de données est nationale avec un traitement exhaustif des données.
- Le prétexte d’accès n'est pas le suivi mais des soupçons de radicalisation
- Il y a une extension d’accès notamment au juge des libertés. 

La collecte de données en psychiatrie - éminemment souhaitable par ailleurs - n'exige en rien ce type de fichier stigmatisant les patients.

Rappelons que l'idée d'un lien entre personnes hospitalisés sans consentement et radicalisation et terrorisme n'a pas de fondement avéré.
Les "Décodeurs" du journal Le Monde, qui ont radiographié les profils des auteurs d’attentats et de projets d’attentats terroristes en France depuis 2013 ont constaté que seuls 6 d'entre eux sur 147 avaient des troubles psychiatriques, pourcentage en ligne avec la fréquence des troubles dans la population générale.
Source : " Cibles, auteurs…, radiographie des 78 projets d’attentat recensés en France depuis 2013" LE MONDE | 30.03.2018

Pour consulter le communiqué, suivez le lien ➡️
http://oxi90.com/TPKHZXA29/05FA45F5C85540A38E309F9CE69C0CCC.php




 


Vignette Trait de rhab psychosoc

Ce "Traité de réhabilitation psychosociale" sera présenté en avant-première au Congrès "Rehab" qui se tient à Lyon les 31 mai et 1er juin.
Nous sommes heureux, à travers l'association Promesses, de faire partie des contributeurs de cet ouvrage qui sera, nous l'espérons, porteur de progrès pour les professionnels, les patients et la société toute entière.
Coordonné par le Pr Nicolas Franck, sa rédaction a mobilisé plus de 150 auteurs, tous engagés dans le développement en France de la réhabilitation psychosociale des personnes souffrant de schizophrénie ou autres troubles psychiques dits sévères.



La "réhabilitation psychosociale" regroupe un ensemble d'outils thérapeutiques (non médicamenteux) qui favorisent le rétablissement des personnes souffrant de ces troubles.  Elle s’appuie sur la mise en évidence de leurs ressources, y compris cognitives, et sur le renforcement de leurs capacités de décision et d’action. Ces pratiques sont très largement recommandées au niveau international. Mais malgré le foisonnement d'initiatives dont témoigne ce traité, elles demeurent relativement confidentielles en France, où les outils de réhabilitation psychosociale sont encore loin d'être généralisés et accessibles aux patients.  
>> lire l'article du site sur la réhabilitation psycho-sociale 

Nous avons participé au chapitre consacré à la stigmatisation des troubles psychiques, dont on sait qu'elle constitue un facteur de souffrance et d'exclusion aussi important que les troubles eux-mêmes, et rappelé les conclusions de notre étude sur la représentation de la schizophrénie dans la presse, réalisée par l'Obsoco.




 


Citation tribune Monde 14 juin 2017

Nous avions publié cette tribune en juin 2017.
Une année a passé, avec le même bilan dévastateur.

Sans doute un nouveau gouvernement doit-il prendre le temps de la réflexion.
Mais les premières décisions suscitent à ce stade de vives inquiétudes : après la suppression du Conseil national de Santé mentale, il est question aujourd’hui :
- De supprimer la mention « santé mentale et psychiatrie » du décret des Infirmiers de Pratique Avancée (IPA). C’est-à-dire de remettre aux calendes grecques une formation plus adéquate et spécialisée des infirmiers aux pathologies psychiatriques.
- De passer la schizophrénie à la trappe des pathologies chroniques pour lesquelles la Haute Autorité de Santé (HAS) doit élaborer des indicateurs de qualité des parcours. C’est-à-dire de perpétuer pour ces patients des parcours de soins inégaux et sans objectif de qualité.

Le Collectif Schizophrénies s’associe pleinement aux inquiétudes exprimées notamment par l’UNAFAM
et par le réseau des pratiques avancées en soins infirmiers.

Nous attendons une prise en compte des besoins des patients atteints de schizophrénie et des actions pour réduire les défaillances actuelles du service public. il est temps d'agir. 

Mise à jour le 28/06/2018 :  
Une Feuille de route Santé Mentale et Psychiatrie du Comité Stratégique de la santé mentale de la psychiatrie (dont nous ne faisons pas partie) vient d'être publiée, ce qui est en soi une bonne nouvelle. Nous allons prendre le temps d'en analyser le contenu avant de la commenter. 




 
montage Buffon 2.0
« Schizophrénie, cinéma, séries et jeux vidéo »

Dans le cadre des JDS 2018, et en présence de leur marraine, Félicité Herzog, Chris et Jeff, les deux psychiatres youtubers fondateurs de la chaine PsyLab sont intervenus le 23 mars 2018 à l’initiative de l’association Promesses à la médiathèque Buffon à Paris .
Ils ont démontré non sans humour, au public venu nombreux, comment la schizophrénie est, de longue date, traitée de manière biaisée à l’écran.

Films, séries et jeux vidéo laissent parfois certes entrevoir une vision fine et juste des troubles, mais le plus souvent ils installent et font perdurer dans les esprits les mêmes clichés erronés : la confusion entre schizophrénie et personnalité multiple, l’association de la schizophrénie à la violence, l’assimilation de la maladie mentale au génie ou talent artistique, l’explication grossière d’une cause à rechercher dans un psycho-traumatisme familial, pour ne citer que les plus fréquents.


De Psychose à Mr Robot, que de mythes tenaces dont raffolent les scénaristes mais aussi que d’œuvres parfois magistrales que Chris et Jeff nous ont avoué ne pas aimer du tout en tant que psychiatres mais apprécier en tant que spectateurs...

Buffon filmsBuffon salle


En introduction la marraine des Journées de la schizophrénie, Félicité Herzog a évoqué le parcours de son frère,
qui souffrait de schizophrénie, et qu’elle a raconté dans son livre « Un héros ».

Le 26 janvier, Mme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé a présenté aux psychiatres présents au Congrès de l’Encéphale un plan d’actions pour la psychiatrie.

Capture Agns Buzyn
A l’écoute de ce discours, nous sommes reconnaissants à la ministre :
.
bandeau JDSL'événement des JDS, Journées de la schizophrénie, présent en Suisse en 2004 avec l’association l’Ilot, se diffuse depuis 2011 dans d'autres pays francophones. En mars 2018, les associations du Collectif Schizophrénies se mobilisent pour donner de la visibilité à ces journées de sensibilisation du grand public à la schizophrénie.
 
Les JDS 2018 en France en diaporama !
Capture PPT JDS

Pour cet événement, l’association Promesses a prévu en Ile de France un programme de manifestations qui auront lieu du 12 au 26 mars 2018.


NIKILundi 12 mars 2018 à 21h, Théâtre avec « VIVRE ! L’ENFER EST UN CRI SANS REPONSE »
Théâtre Le Ranelagh, 5, rue des Vignes 75016 Paris
Pièce écrite et interprétée par Juliette Thierrée, VIVRE ! est l’histoire d’une guérison par l’art : celle de l’artiste Niki de Saint Phalle.
Prix de places : 15 ou 25 euros. Achat de billets en ligne exclusivement sur :
https://www.helloasso.com/associations/promesses/evenements/vivre-l-enfer-est-un-cri-sans-reponse

SALON DU LIVRE PARISDu 16 au 19 mars 2018, PromesseS et le Collectif seront présents sur le SALON DU LIVRE DE PARIS, Porte de Versailles - Stand 1-A24.
Nous mettrons en mettant en avant les ouvrages d’auteurs qui témoignent de leur rétablissement, ou qui l’ont inscrit au cœur de leur pratique professionnelle. De nombreux auteurs viendront rencontrer le public au cours de séances de dédicaces. >> En savoir plus sur les auteurs présents sur notre stand  

Mardi 20 mars 2018 à 18h30, Conférence du Dr Nuss : Patients, proches, soignants : une palette de réalités pour un horizon commun
Philippe Nuss, docteur en sciences et praticien hospitalier, et son équipe éclairent le public, à partir de réflexions, de propos de patients et de résultats de recherche, sur cet horizon en dépit des circonstances.
Hôpital Saint-Antoine - 184 rue du Faubourg-Saint-Antoine, Paris 12e. Service UPR, secteur rouge, porte 30, 1er étage. Entrée libre.

affiche cinema et sz web finaleMercredi 21 mars à 19h, Conférence CINEMA ET SCHIZOPHRÉNIE
Médiathèque Françoise Sagan, 8, rue Léon Schwartzenberg 75010 Paris.
La conférencière, Marine Raimbaud, psychiatre au Centre hospitalier Sainte-Anne à Paris, et cinéphile s’appliquera à décrypter de nombreux extraits de films ou comment la schizophrénie est souvent (mal) traitée au cinéma.
Gratuit, mais inscription obligatoire auprès de la médiathèque. Informations pratiques : http://quefaire.paris.fr/41618/cinema-et-schizophrenie

Vendredi 23 mars à 19h, Conférence SCHIZOPHRENIE 2.0, SCHIZOPHRÉNIE, SÉRIES TÉLE ET JEUX VIDÉO
affiche Psylab cinema et sz Médiathèque Buffon 15, rue Buffon 75005 Paris.
Chris et Jeff, les deux psychiatres youtubeurs de la chaîne PsyLab interviendront lors de cette soirée consacrée à la schizophrénie à travers les séries et les jeux vidéo.
Gratuit. Informations pratiques : https://quefaire.paris.fr/43542/schizophrenie-2-0

Nicolas RainteauLundi 26 mars à 19 h, Conférence STIGMATISATION : COMMENT LE TERME SCHIZOPHRENIE MODIFIE A LUI SEUL NOTRE FACON D'INTERAGIR 
Théâtre des Sablons, 70 avenue du Roule 92200 Neuilly/Seine.
Nicolas Rainteau, psychiatre à Montpellier, balaye les pistes empruntées pour lutter contre la stigmatisation de la schizophrénie et objective pour la première fois l'impact du terme "schizophrénie" sur les relations interpersonnelles.
Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles.

concert lecture Samedi 24 mars à 16h, CONCERT-LECTURE UN BRIN DE FOLIE POUR BEAUCOUP DE GENIE
En partenariat avec l’association Place au Piano, au Conservatoire de Sèvres, 8 avenue de la Cristallerie 92310 Sèvres.
"Un brin de folie pour beaucoup de génie" réunit Jérémie Honoré, pianiste, et Florent Babillote, auteur, pour un concert-lecture, autour des pages littéraires et musicales de CPE Bach, R et C Schumann, P P Tchaïkovski, S Rachmaninov.


>> Contact pour tout renseignement :

Développé par l'association Solidarité Réhabilitation, le webdocumentaire Epsykoi a pour objectifs la sensibilisation à la santé mentale, la mise en évidence des réseaux d’aide, et la déstigmatisation des maladies mentales et de la psychiatrie auprès des jeunes.
L'événement des "Journées de la schizophrénie" créé en Suisse en 2004 par l’association l’Ilot se diffuse depuis 2011 dans d'autres pays francophones : la Belgique, le Canada, le Bénin, le Maroc, la Centre Afrique, le Cameroun. En mars 2018, les membres du Collectif Schizophrénies, vont introduire en France le principe de ces journées de sensibilisation sur la schizophrénie comme il en existe sur d'autres pathologies au plan national.

Un nouveau site sur les schizophrénies pour informer et pour agir


Bienvenue sur le site du Collectif schizophrénies, une information complète, claire, pratique, indépendante sur les schizophrénies.

Ce projet de site est parti d'un constat : trop souvent face à la schizophrénie, les malades et leurs proches souffrent de l'isolement, du manque d'informations, du manque d'espoir en leur possiblilité de rétablissement. Et pour cause :  aucune campagne d'information publique n'a jamais été menée en France sur les schizophrénies et les médias véhiculent le plus souvent des idées fausses et stigmatisantes pour les personnes concernées. 

Créé pour obtenir un changement de regard et de politique sur les schizophrénies, le Collectif Schizophrénies souhaite que chacun, quel que soit ses besoins ou ses questions, ait aujourd'hui accès ici à l'ensemble des informations et réponses immédiates et précises auxquelles il a droit.

Ce site est d'abord un portail : il exploite au mieux les ressources nationales et internationales existantes, en pointant systématiquement vers les informations les plus qualifiées déjà accessibles sur internet. 

Mais notre ambition est également de partager les savoirs, de croiser les approches et les points de vue. Face à l’indifférence ou au tabou actuels, les patients et leurs proches ont une expertise à apporter sur la pathologie et sont légitimes aux côtés d’autres acteurs, et notamment des professionnels de santé, pour prendre la parole et faciliter l'évolution du regard sur la maladie et celles des prises en charge. Nous produisons donc aussi nos propres contenus. Sur chaque sujet, nous explicitons qui s'exprime de façon à ce qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur l'auteur et ses qualités.  

A travers ce portail et les témoignages d'usagers, nous allons promouvoir non seulement une vision plus juste de la maladie, mais également les solutions efficaces pour le rétablissement des patients, qui ne sont pas suffisamment connues ni diffusées en France.



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