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Collectif Schizophrénies
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Il n’est pas facile d’identifier chez soi-même ou chez un proche les signes d'un trouble psychique, et encore moins facile d'en parler tant les préjugés sur les maladies mentales sont tenaces. 

Pourtant, les troubles psychiques sont, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) parmi les maladies les plus fréquentes dans le monde avec les cancers et les maladies cardio-vasculaires. Ils touchent 7 à 10 Millions de personnes en France, et une personne sur 5 y sera confrontée au cours de sa vie.  
Même s'il s'agit d'un trouble sérieux, on peut se rétablir d'une schizophrénie. De multiples études internationales menées sur longue période attestent d’une évolution favorable pour la majorité des personnes ayant reçu le diagnostic de schizophrénie.

Si vous ne comprenez pas ce qui se passe, que vous ne savez pas quoi faire, il est important de ne pas attendre. En cas de doute ou d'inquiétude, il faut rechercher de l'aide et vous orienter vers un spécialiste.

 

Vous vous posez des questions sur votre propre santé mentale

Si vous avez le sentiment de ne plus être comme avant, si vous avez des idées noires, des troubles du sommeil, des angoisses, ou bien un sentiment de confusion, d’étrangeté, d'isolement par rapport aux autres, l'impression de ne plus comprendre ce qui vous arrive, il s'agit peut-être d'une schizophrénie ou d'un autre trouble psychique.  

Voici quelques pistes pour mieux comprendre ce qui se passe et savoir comment agir : 

• Vous pouvez regarder cet outil de dépistage : 
Ce questionnaire a été élaboré au Canada afin de dépister d'éventuels  signes de schizophrénie. Il vous donnera une première approche de votre situation.

Quest esantCanada
• Demandez de l’aide 
Les maladies psychiques créent une grande souffrance et vous pouvez trouver du soutien autour de vous pour traverser ces difficultés.
Essayez d'en parler à un membre de votre famille, à un ami, une autre personne de votre entourage ou bien à un médecin généraliste. Se confier à quelqu’un vous permettra de vous sentir moins isolé et d'être accompagné et soutenu dans la recherche de solutions. 
En cas de détresse et de solitude, il existe des services d'écoute téléphonique anonymes :
> voir une liste de lignes d'écoute téléphonique sur le site du Psycom

Le mieux est de consulter un psychiatre ou un service spécialisé

Seul un spécialiste est à même de faire un diagnostic et de proposer une prise en charge vraiment adaptée.
Il vaut mieux consulter pour rien que de tarder à commencer des soins. En cas de suspicion de schizophrénie ou d'autre trouble psychique grave, plus tôt la consultation intervient, plus grandes sont les chances de préserver sa santé mentale ou de se rétablir.
La prise en charge proposée ne comprendra pas nécessairement une prise de médicaments.  
>> Voir : Où s'adresser ? 

• Pourquoi aller voir un psychiatre ?

 La réponse de Gilles 

Gilles2"Lorsqu’il nous arrive ce genre de chose, on se met à faire des recherches. J’ai cherché sur internet des vidéos de Professeurs qui expliquaient la maladie. Et la manière dont ils la décrivaient correspondait parfaitement à mes symptômes. Les psychiatres savent très bien expliquer ce qu’est une crise de schizophrénie."


Vous vous inquiétez pour un proche : enfant, frère ou soeur, parent, ami ...

Si certaines paroles ou certains comportements de votre proche vous semblent inhabituels ou incompréhensibles, prenez votre ressenti au sérieux.

En cas d'inquiétude, vous pouvez déjà démarrer ce questionnaire  
Elaboré par la Société Québécoise de la Schizophrénie (SQS), cet outil d'aide au dépistage des signes avant-coureurs de la psychose est destiné, entre autres, aux membres des familles ou autres intervenants ou proches auprès des jeunes.

refer o scope
Les réponses fournies au questionnaire en ligne permettent en 30 minutes d'avoir une recommandation en vue d'agir au mieux et au plus tôt. 
https://www.refer-o-scope.com/



Si vous percevez que la personne est envahie par des délires, qu'elle a des idées suicidaires ou qu'elle se montre aggresssive et risque de présenter un danger pour autrui, il s'agit d'une situation d'urgence.
  >> Voir Que faire faire en cas de crise

Dans tous les cas, il faut encourager la personne à consulter un psychiatre ou une structure appropriée.

La schizophrénie entraine pour le jeune une angoisse et une souffrance intérieure intenses et il a besoin d'empathie et de soutien de la part de son entourage. Il est important d'essayer de comprendre ce qu’il est en train de vivre, de rester calme et de lui proposer des solutions.
Comme il n'est pas  facile d'aller d'emblée voir un psychiatre, vous pouvez lui proposer de voir dans un premier temps un autre professionnel, médecin généraliste, ou psychologue... , et de l'accompagner le cas échéant.
Vous pouvez aussi prendre rendez-vous, sans votre proche, avec un psychiatre, à qui vous exposerez la situation.  Il pourra vous aider à identifier les meilleures possibilités.
Mais dans tous les cas, la finalité doit être d'amener la personne concernée vers un psychiatre ou une équipe de psychiatrie.

"Tout le monde a une forme d'ambivalence vis à vis de la psychiatrie" explique le Dr Julie Bourgin. Il est très important de dédramitiser la consultation , aller voir un psychiatre, ce n'est pas une honte et cela ne signifie pas qu'on est fou. 


 


Comment convaincre un jeune qui ne veut pas aller consulter ?
La réponse du Dr Julie Bourgin-Duchesnay

video Julie Bourgin 1 

video Julie Bourgin 2

Où vous adresser ?

Il peut être plus facile et plus rassurant de consulter d'abord un professionnel de proximité que vous connaissez déjà ou qui vous semble plus abordable, notamment un médecin généraliste ou bien un psychologue.  Après vous avoir écouté, il devrait vous orienter vers le psychiatre qu’il estime le plus compétent.  Son rôle peut être essentiel en facilitant et en dédramatisant l'accès vers le psychiatre.  
 
Une consultation en psychiatrie est indispensable pour identifier la nature des troubles. 

Selon les cas, vous pouvez en première intention consulter en ville ou bien dans un lieu pluriprofessionnel, qui peut être moins stigmatisant qu'un centre ou hôpital exclusivement psychiatrique :  
• une Maison des Adolescents : dans toute la France, les Maisons des Adolescents sont des lieux qui accueillent les adolescents de 11 à 20 ou 25 ans (l’âge dépend des structures) pour toutes leurs préoccupations (médicale, sexuelle, psychique, scolaire, juridique, sociale…). Elles s’adressent également à leurs familles et aux professionnels.
Pour trouver une MDA proche de chez vous : http://www.anmda.fr/nc/les-mda/la-carte-de-france/
Certaines maisons de santé pluriprofessionnelles proposent des consultations en psychiatrie.
Un psychiatre en libéral

 Au niveau national, la structure pivot de la psychiatrie publique, qui  assure des consultations, des diagnostics et des soins ambulatoires est le CMP, Centre Médico-Psychologique.

il y a un CMP qui correspond à votre adresse d’habitation sur l'ensemble du territoire. il est possibile d'y prendre rendez-vous directement, sans passer par un médecin traitant.  
Pour des enfants et adolescents de 0 à 20 ans, c’est le CMPP, Centre Pédico-Psycho-Pédagogique,  Les CMPP sont fréquemment consultés en première intention dans le cadre de troubles psychiques.

En Ile de France, vous pouvez obtenir des conseils et renseignement auprès du CEAPSY :

Le CEAPSY est un organisme public qui vous propose de vous orienter vers les solutions existantes en Ile-de-France, vous conseiller dans vos démarches, vous mettre en lien avec le réseau spécialisé en santé mentale.
Adresse : 102 avenue du Général Leclerc  75014 Paris • Tel : 01 55 03 00 75


Si vous ne savez pas où vous adresser et souhaiter en parler avec des personnes ayant vécu la même situation que vous, prenez contact avec une association d'usagers.
>> voir les contacts des principales associations d'usagers

ATTENTION 

La France est en retard dans la détection précoce de la schizophrénie

Beaucoup de professionnels de soins primaires et même spécialisés n’ont pas de formation suffisante et à jour sur les troubles psychotiques.
De fait, ils ne sont pas toujours en mesure d’évaluer correctement une situation, a fortiori débutante. et le retard de diagnostic pour tous les troubles psychotiques est considérable : 5 à 10 ans selon les pathologies.  

Si vous n'êtes pas satisfait de l'accueil qui vous a été fait, des réponses que vous avez obtenues, des solutions proposées, si les troubles que vous avez ou avez constatés chez un proche persistent ou s'aggravent, n'hésitez pas à consulter un autre psychiatre ou une autre équipe.
Vous pouvez aussi suggérer à votre médecin de vous adresser à un centre spécialisé de recours (voir ci-dessous).    

 

La loi du 5 juillet 2011 prévoit que toute personne faisant l'objet de soins psychiatriques ou sa famille dispose du droit de s'adresser au praticien ou à l'équipe de santé mentale, publique ou privée, de son choix, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du secteur psychiatrique correspondant à son lieu de résidence.
  

Les centres spécialisés dans le repérage des troubles schizophréniques


Dans la mesure où l'intervention précoce est primordiale, et que la détection d'une schizophrénie difficile au début, de nombreux pays ont organisé de longue date des dispositifs très spécialisés de détection précoce.
En France, des centres spécialisés dans le repérage et la prise en charge précoce des troubles schizophréniques se mettent progressivement en place, mais de manière dispersée et sans organisation unifiée à ce jour.
Voici des adresses où vous pourrez bénéficier d'une consultation très spécialisée : 

Les centre du réseaux Transition

Le C'JAAD (Centre d'évaluation pour les jeunes adultes et les adolescents), basé à l'hôpital Saint-Anne, à Paris, reçoit les 16-25 ans qui rencontrent des difficultés psychologiques.
Centre hospitalier Ste Anne 1 rue Cabanis 75674 PARIS - Cedex 14 


L'Astrolabe, implanté dans l'hôpital Louis Mourier, en banlieue parisienne, pour la prise en charge des adolescents de 12 à 17 ans. 

Hôpital Louis-Mourier 178, rue des Renouillers 92701 Colombes cedex. Tel :  06 70 98 19 78

Centre de Liaison et d’Intervention Précoce (CLIP).
Maison des Adolescents, 14, Rue François de Neufchâteau - 54000 NANCY Tél : 03.83.26.08.63 -

Centre d’Intervention Précoce pour Psychose (CIPP)
CH La Chartreuse, 1 boulevard Chanoine Kir 21000 Dijon.Téléphone : 03.80.42.48.51; www.ch-lachartreuse-dijon-cotedor.fr

Equipe d'Intervention Précoce dans les troubles Psychotiques débutants (EIPP). Centre Hospitalier Sainte Marie, Clermont Ferrand.

Les Centres Experts FondaMental
Ils constituent un dispositif spécialisé qui intervient en renfort de la psychiatrie de premier recours. Leur réseau est organisé par pathologies et accueille les patients sur demande du médecin référent (psychiatre, médecin généraliste, spécialiste...).
>> Voir les adresses des Centres Experts Schizophrénie 


Les dispositifs de prises en charge précoces à l'étranger

Depuis 30 ans, ORYGEN en Australie

ecran Orygen
Au Canada, un programme de détection précoce : "Because your mind matters"
ecran yourmindmatters
>> En savoir plus sur les interventions précoces à l'étranger

 Que faire en cas de crise ?

Lors d’une crise (aussi appelée épisode aigu), la personne atteinte de schizophrénie est souvent très angoissée, agitée, en proie à des idées délirantes, un sentiment de déréalisation ou des hallucinations. L'information sur ces maladies étant totalement insuffisante, l'entourage ne sait pas comment réagir et se trouve le plus souvent totalement démuni devant ces troubles, et la souffrance et l'incompréhension qu'ils engendrent. 
N’attendez pas, il s’agit d’une situation grave et une prise en charge est absolument nécessaire


Essayez d'amener la personne vers des soins

La façon de communiquer avec elle est essentielle : prenez connaissance des conseils ci-contre.
Même si vous êtes vous-même paniqué, excédé, épuisé, essayer avant tout de rester calme, de ne pas hausser le ton.  Il faut lui témoigner de l’empathie en lui demandant ce qui ne va pas sans faire de discours. Si elle tient des propos délirants, ne pas la contredire, mais s'attacher à la rassurer. 
Et ensuite tenter de le convaincre de voir très rapidement un psychiatre, ou de se rendre dans un centre d’accueil de crise, à l’hôpital ou dans une clinique.
Si vous le pouvez, renseignez-vous avant sur tous les dispositifs ou structures d’accueil proches de chez vous et notez les adresses et numéros de téléphones pour ne pas être pris au dépourvu.

 

CONSEILS AUX PROCHES EN CAS DE CRISE
Adaptation libre de " 10 tips for handling a schizophrenia crisis" édité par la  World Fellowship for Schizophrenia and Allied Disorders
http://world-schizophrenia.org/

1. Se rappeler qu'on ne peut pas raisonner une personne en situation de crise psychotique
2.  Savoir que la personne peut être terrifiée par son sentiment de perte de contrôle
3. Ne pas montrer d'irritation ou de colère
4. Ne pas crier
5. Ne pas être critique ou sarcastique
6. Abaisser le niveau sonore autour d'elle (son de la télévision, de la radio, bourdonnements d'appareil  etc)
7. Demander au maximum de personnes de quitter la pièce : moins il y a de monde, mieux c'est
8. Eviter de la regarder dans les yeux en continu 
9. Eviter de la toucher 
10. Asseyez-vous et demander lui également de s'asseoir

En cas d'urgence 

L'appréciation du degré d'urgence n'est pas facile, mais si la situation est intenable, qu'il y a un risque suicidaire ou de mettre d'autres personnes en danger, il faut agir d'urgence.   
 
Les services d'urgence - SAMU 15 – Police 17 - Pompiers 18 , tout comme les psychiatres des CMP ou libéraux et les médecins généralistes refusent le plus souvent de se déplacer pour une urgence psychiatrique.  

La mise en oeuvre d'équipes mobiles de psychiatrie, prévues par le décret le décret n° 2017-1200 du 27 juillet 2017 relatif au projet territorial de santé mentale, ne sont pas généralisées sur le territoire.
Dans certaines régions, il est possible de trouver des psychiatres ou équipes se déplaçant à domicile et c'est évidemment la meilleure solution. 
 >> à venir : les équipes mobiles ou autres services d'urgence psychiatrique à domicile existants en France

En l'absence d'équipes mobiles ou de professionnels venant à domicile : 
- Si la personne l'accepte, il faut l'accompagner dans un centre d'accueil et de crise (CAC ou CAP) s'il en existe un à proximité, ou bien au CMP ou aux urgences psychiatrique d'un hôpital de votre secteur géographique. Les cliniques privées n'accueillent généralement pas les urgences . 
>> Pour trouver une adresse , voir l'annuaire de la Fédération Hospitalière de France : 
https://www.hopital.fr/annuaire
>> Pour l'Ile de France, consulter le site du Psycom : 
http://www.psycom.org/Urgences-psychiatriques#qfecdu

- Si la personne refuse et n'est pas en mesure de solliciter des soins, il n'y a d'autres solutions hélas que de la contraindre à se faire hospitaliser. 
>> A venir : l'hospitalisation sous contrainte

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