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Les témoignages


Carr thme hospitaliastion

Paulpense

Déchiqueté par des milliers de pensées que je ne contrôle plus ...

« La porte s’ouvre sur un hall, on est accueilli par des gens habillé en blanc, je me sens rassuré, l’atmosphère qui m’habitait dans la voiture retombe, c’est un autre milieu, mes pensées changent.
Je suis toujours aussi tendu, je ne dors plus depuis trois jours.
L’intérieur de mon corps lui, va exploser. Mon âme va faire exploser ce corps dans lequel elle ne peut plus être contenue. Je sens qu’elle est comme déchiquetée par des milliers de pensées que je ne contrôle plus. Je perçois en moi la source de ces pensées. Mais malgré cette lucidité, mon agitation mentale est un puits sans fin qui déborde et me détruit.
Dans ce hall, ma femme pleure, elle est très triste. Son frère lui essaie de gérer la situation. Ils parlent avec les gens en blanc. Je sens que je suis l’élément central de ces discussions mais n’en ai pas assez conscience. Je sens bien aussi que maintenant je suis en sécurité, mais je vis les événements de deux manières bien distinctes.
Une partie de moi, lucide, sais que c’est le début d’une guérison, et l’autre partie ne se pose aucune question et enchaîne les évènements avec une grande rapidité.
Ca y est, leur discussion semble terminée. Un bonhomme, petit, cheveux bruns, vient à notre rencontre et nous emmène tous les trois avec une dame dans une petite pièce. »

gentJean-Marc

Ce qui m'a le plus aidé a été de rencontrer des personnes qui avaient la même maladie que moi ...

« Ce qui m’a le plus aidé pendant mon hospitalisation a été le fait de rencontrer des personnes qui ont la même maladie que moi, qui ont connu des situations assez dramatiques alors que je croyais être le seul au monde à être malheureux, triste et seul, d’avoir des boulets au pied et toute cette maladie qu’on traine comme un sac-à-dos de militaire. J’ai croisé des soignants qui étaient vraiment humains et d’autres un peu moins humains. »

RonceGilles

Aller à la cafétéria, c'est la sortie de la journée ...

« Ce qui n’est pas facile, c’est que tu es vraiment enfermé et que ta vie est réglée comme du papier à musique. Tu te lèves le matin, tu prends ton petit-déj, à dix heures, on te donne le goûter, à midi, c’est le repas. C’est vraiment rythmé par les repas. Il y avait des tables de ping-pong, donc on jouait au ping-pong quasiment toute la journée ou aux cartes. Après quelques jours, j’ai eu la possibilité d’aller à la cafétéria avec le personnel soignant. Aller à la cafétéria, c’est la sortie de ta journée, alors hein… Au bout de quelques jours, ce n’était pas évident. »

Tulipe noireIsabelle

J’aurais pu éviter l’hospitalisation en apprenant à gérer mes voix ...

« Comme les voix étaient très fortes, j’ai décidé de me faire hospitaliser au bout de trois mois. Je suis resté dix jours à l’hôpital. Cela m’a fait du bien car le traitement qu’ils m’ont donné les trois premiers jours m’a fait énormément dormir.
Ensuite, le fait de passer dix jours loin de chez moi m’a fait du bien. En plus, l’ambiance était assez sympathique avec l’équipe et les patients. Cela m’a fait du bien. Mais j’aurais pu éviter l’hospitalisation en apprenant à gérer mes voix dès le début de ma prise de médicaments, en 2010. Parce qu’au moment de l’hospitalisation, j’étais un peu démunie. Je ne savais pas quoi faire avec mes voix, j’avais peur des voix, c’est pour cela aussi que j’ai choisi de me faire hospitaliser. »

fleur roseCorinne

Nous avons été traumatisés par ce lieu, d'une violence énorme...

« La première fois que Sophie a été hospitalisée sous contrainte à Villejuif, nous avons demandé à la faire sortir au bout d’une semaine tellement nous étions traumatisés, malheureux par ce lieu, d’une violence énorme… A l’époque, on pouvait le faire, mais maintenant ce n’est plus possible car il y a un juge qui intervient. »

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