Collectif Schizophrénies
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Marie-Claude Barroche est la présidente de l’association « Espoir 54 », qui œuvre depuis 1998 en Meurthe-et-Moselle pour permettre à la personne en situation de handicap psychique de retrouver sa place dans la cité. Elle situe son action dans l’articulation du sanitaire et du social.

L’association Espoir 54 a créé une maison un peu particulière. En quoi consiste-t-elle ?

On aime beaucoup ce terme de maison parce que les usagers nous le disent souvent : « vous êtes notre deuxième famille ». Et puis aussi parce que c’est l’idée d’offrir sur un lieu unique différentes prestations, ce qu’on appelle une plateforme de services. Ce qui est surtout intéressant est que se côtoient dans cette maison des usagers, des professionnels et des militants bénévoles. Et cela forme une sorte de trépied qui est un enrichissement mutuel vraiment important.Nous avons appelé cette maison MAPH-PSY, « Maison de l’Accompagnement des Personnes Handicapées PSYchiques » et nous souhaiterions que dans chaque bassin de vie il y ait un MAPH-PSY. Elle serait composée d’un service d’accompagnement à la vie sociale, ou d’un service d’accompagnement du type SAMSAH (service d’accompagnement médico-social pour adulte handicapé) avec une partie médicalisée, d’un dispositif d’insertion professionnelle et puis de groupes d’usagers qui constituent un groupe d’entraide mutuelle, qui peuvent côtoyer tous les jours des professionnels qui sont proches et dans la même maison.

Vous avez également lancé deux outils innovants pour destigmatiser les maladies psychiques. Quels sont-ils ?

C’est très important pour changer les représentations sociales. Les usagers souffrent énormément du regard des autres qui ont souvent peur de la folie. Ces deux outils sont la « bibliothèque des livres vivants » et le « psy-trialogue ».
La « bibliothèque des livres vivants » est un concept qui a été lancé au Danemark et en Lorraine, c’est le Conseil général qui a imaginé proposer cet outil pour toutes les personnes qui vivaient en marge de la société.C’est faire se rencontrer le « livre vivant » qui est la personne experte de sa pathologie. Le lecteur, c’est toute personne qui a envie et s’intéresse à rencontrer des gens un peu différents. Les bibliothécaires, ce sont des professionnels ou des militants qui sont là pour accueillir le public et pour, éventuellement, recueillir leur demande et leur proposer une documentation.
On se rend compte que si une personne est un peu familiarisée à rencontrer une personne qui souffre de schizophrénie, par exemple, elle a une toute autre image et ses préjugés tombent. Non, ce n’est pas une personne violente, ce n’est pas une question de double personnalité, ce sont des gens qui ont vraiment des capacités, une grande sensibilité. C’est vraiment passionnant de rencontrer ces personnes qui savent très bien parler de leur vie avec des troubles psychiques.

Qu'est-ce que le second outil innovant, le psy-trialogue ?

Un Groupe d’Entraide Mutuelle porte très bien son nom parce que ce sont des usagers en santé mentale qui s’organisent pour s’aider mutuellement. Les uns apportent aux autres un savoir, une stratégie pour essayer de s’entraîner tous à se rétablir. Ils ont été créé après la loi sur le handicap de 2005. Marie-Anne Montchamp, la secrétaire d’Etat de l’époque, a décidé de créer 300 GEM à travers toute la France après avoir visité des clubs d’usagers à Bordeaux. Elle a trouvé les moyens financiers pour créer ces GEM et cela a été rapidement une idée toute à fait géniale que mêmes les psychiatres reconnaissent comme ayant « enchanté la psychiatrie ».
Ces usagers sont autonomes dans leur fonctionnement, ils ont créé une association loi 1901 et ont donc un conseil d’administration et un président. Ils sont parrainés par une association qui peut transmettre son expérience associative et puis par ailleurs peuvent obtenir des prestations pour gérer l’embauche des salariés, la comptabilité et tout ce qui est un peu complexe pour les usagers.





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