Collectif Schizophrénies
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Si la schizophrénie demeure souvent une maladie chronique, les personnes peuvent aujourd’hui retrouver une vie personnelle et sociale tout à fait satisfaisante. C’est à tort et faute d'informations que ces troubles demeurent associés dans le public à l’idée d’incurabilité.

Comme le prouvent de nombreux exemples et témoignages, ainsi que des études internationales, la majorité des personnes ayant reçu le diagnostic de schizophrénie connaissent une évolution favorable sur le long terme, c’est-à-dire une rémission satisfaisante et une réinsertion sociale totale ou partielle.
>> Voir à ce sujet ce rapport de l'OMS - Organisation Mondiale de la Santé :  Recovery from schizophrenia. A report from the WHO Collaborative Project (2007)

L'objectif est aujourd'hui le rétablissement 

Le rétablissement est l'équivalent du concept anglo-saxon de "recovery". Il ne signifie pas guérison et retour à la situation antérieure à la maladie, mais le rétablissement de l’autonomie des personnes, ainsi que de leurs droits et de leur inclusion sociale.
La maladie nécessite une prise en charge au long cours, souvent tout au long de la vie. Mais avec une prise en charge globale et individualisée, les soins actuels permettent un rétablissement de qualité.

Pour cela, tous les patients doivent avoir accès à un diagnostic et à des bilans associant à la fois une prise en charge somatique et psychique. En plus des médicaments, des soins de réhabilitation psychosociales sont indispensables et peuvent utilement être associés à des psychothérapies validées.

C’est l’ensemble de ces prises en charge adaptées aux besoins des personnes qui doit permettre, au 21ème siècle, de permettre le rétablissement et la réinsertion sociale des patients et de changer l’image, souvent désastreuse, des troubles schizophréniques.

Les recommandations internationales

Les recommandations internationales dans le domaine de la schizophrénie sont énoncées par de nombreuses instances comme l'Organisation Mondiale de la Santé. Elles reposent de multiples études dont les résultats converents ont été publiés dans les revues scientifiques internationales au cours des dernières décennies. 

Il existe actuellement un consensus sur les points suivants : 
- Les médicaments antipsychotiques sont efficaces pour traiter les épisodes aigus et réduisent les symptômes dits positifs. 
- Les thérapies psychosociales améliorent les symptômes négatifs et les déficits cognitifs, et sont efficaces pour réduire les rechutes. Les interventions suivantes, en particulier, bénéficent d'un haut niveau de preuve  : 
• La remédiation cognitive 
• La psychoéducation familiale 
• Les pairs aidants et les stratégies d’entraide
• Le soutien à l’emploi
- La prévention des maladies physiques comme le diabête et les maladies cardio-vasculaires est nécessaire pour réduire la surmortalité des personnes souffrant de schizophrénie.

>> Pour en savoir plus, consulter les deux rapports suivants :

Le rapport "Schizophrenia : Time to commit to policy change"

vignette Time to commit
Publié en 2014 sous l'égide de l'université d'Oxford, il réunit les résultats d'un groupe international de psychiatres, de chercheurs, d’infirmiers, de patients et d’aidants, qui ont confronté leur expertise et leur expérience .

Le rapport du Centre de Preuves en Psychiatrie et en santé Mentale

vignette Centre de preuvesPublié en 2016, ce rapport français vise à analyser les données de la littérature scientifique, et de les confronter à l’état réel des pratiques en France, afin de promouvoir la diffusion des meilleures pratiques. 

La mise en oeuvre de ces recommandations est-elle coûteuse ? 

C'est la question que s'est posée la London School of Economics (LSE), institution internationale de premier plan en matière de recherche économique et sociale.  Au delà de l'efficacité médicale, est-ce bien réaliste pour un pays, en termes de coûts, d'envisager de développer de telles prises en charge ? 
Les conclusions de son rapport, publié en 2012, sont éclairantes :

- "Il existe des preuves solides que plusieurs actions actuellement peu répandues pourraient réduire le coût global de la schizophrénie tout en améliorant l’état de santé et la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie comme de leur famille."
Parmi les actions montrant la meilleure "rentabilité" sur le plan économque c'est à dire le meilleur rapport coût /efficacité :
- le soutien personnalisé à l'emploi en milieu ordinaire ("job coaching"), auquel la remédiation cognitive est à même de contribuer efficacement
- la psycho-éducation des familles.

D'autres interventions comme notamment le soutien des pairs sont très probablement rentables. 

Les prises en charge en France

La prise en charge de la schizophrénie n’est pas unifiée en France.

Il n’y a pas de consensus professionnel matérialisé par un guide de bonnes pratiques ni de panier minimal de soins obligatoires. De nombreux professionnels ignorent les pratiques validées et recommandées au niveau international et l'accès à certaines interventions thérapeutiques et soutiens n'est pas connu et encore moins systématiquement proposé,
La prise en charge de la maladie est par conséquent totalement hétérogène selon le psychiatre ou l'équipe, ce qui est une source  d'inégalité entre usagers du service public et une perte de chance avérée pour de nombreux malades.  

Cette situation dénoncée par des dizaines de rapports publics sur la santé mentale depuis des décennies devrait évoluer progressivement. 


Le décret n° 2017-1200 du 27 juillet 2017 relatif au projet territorial de santé mentale introduit un cadre juridique nouveau pour toutes les prises en charge en psychiatrie au niveau national.
Il est désormais inscrit en particulier que la prise en charge doit viser le rétablissement des patients,  que l'ensemble des professionnels doivent se coordonner en vue de rendre effectifs l’accès à des soins somatiques, l’accès à des soins de réhabilitation psycho-sociale, et aux accompagnements médico-sociaux vers les études, l’emploi et le logement. 

Une instruction ministérielle est en cours de rédaction afin de décliner précisément comment ces objectifs seront mis en œuvre sur le territoire d'ici 2020. D'ici là, pour en savoir plus sur l'offre de soins existante et trouver les dispositifs proposés à proximité de chez vous, vous pouvez consulter les pages suivantes :

L'organisation de la psychiatrie en France

La psychiatrie en France s'organise selon un système de sectorisation publique et un système privé. 

• Dans la psychiatrie publique, vous êtes rattachés à un secteur psychiatrique en fonction de votre adresse d'habitation. 
Au sein de chaque secteur, une équipe (psychiatre, infirmier, psychologue…) assure des soins. 
Chaque secteur gravite autour d’une structure hospitalière référente et dispose d’un ensemble variable de soins et d’accompagnement à l’hôpital et à l’extérieur.
>> Pour en savoir plus sur la sectorisation en psychiatrie

• La psychiatrie privée
Elle est composée de psychiatres (de pédopsychiatres jusqu’aux 16 ans), de psychologues, d’orthophonistes et de psychomotriciens qui exercent en libéral, en cabinet ou dans des cliniques psychiatriques. 
Les cliniques psychiatriques privées peuvent tout à fait accueillir des personnes souffrant de schizophrénie en hospitalisation libre. 

La prise en charge financière des soins

Dans le secteur public et privé participant au service public, les soins sont pris en charge par la Sécurité sociale.
Dans le secteur privé libéral, les honoraires sont variables. Pour les psychiatres conventionnés, la Sécurité sociale prend en charge les soins dans des proportions variables, complétée par les mutuelles. S’ils ne sont pas conventionnés, les tarifs sont libres et vous ne serez pas remboursés.
N’hésitez pas, en prenant rendez-vous, à demander quel est le tarif pratiqué par le psychiatre et son statut par rapport à la Sécurité sociale.
Dans les cliniques psychiatriques privées, les conditions d'accueil et tarifs sont propres à chaque établissement, il faut se renseigner directement auprès d'elles.  
 

Réinventer la sectorisation

Le docteur Dolorès Torres propose des solutions concrètes pour donner une nouvelle dynamique à la politique du secteur psychiatrique en France.
Capture Dr Torres

Optimiser les soins sur le territoire

Emmanuel Haffen, professeur de psychiatrie, explique pourquoi il faut mieux coordonner les soins psychiatriques et les soins somatiques .

Capture Dr Haffen

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