Restez informé de notre actualité >>


visuel tmoignage

Témoignage d'Aurélien LEGRAND – Auteur du livre « Dans la peau d'un schizophrène – Journal d'un rétablissement »


Comment ou dans quelles circonstances avez-vous pris conscience que vous souffriez d'une maladie ?

Je ne parlerais pas d’une prise de conscience brutale. C’était plutôt un long cheminement, presque imperceptible au début.

La schizophrénie s’est installée progressivement. Dans mon cas, le diagnostic est arrivé très tard.
Pendant des années, j’ai souffert sans comprendre ce qui m’arrivait, avec le sentiment que quelque chose n’allait pas, sans pouvoir mettre de mots dessus.. 


Y avait-il eu des signes précurseurs de cette maladie  ?

Oui, avec le recul, je pense qu’il y en avait. Dès l’enfance, j’étais quelqu’un de très introverti, replié sur moi-même. Le stress provoquait chez moi des réactions physiques fortes, comme des maux de tête ou des nausées. Je ne sais pas si ces signes étaient directement liés à la schizophrénie, mais ils témoignaient déjà d’une certaine fragilité. On dit souvent que la maladie se déclare entre 15 et 25 ans, mais je suis convaincu que des signaux apparaissent bien avant.


Comment ont alors réagi vos proches ? Ont-ils pu vous aider ?

À vrai dire, il n’y a pas eu de réaction claire au départ, simplement parce que personne ne comprenait ce qui se passait. Moi non plus. Mes parents m’ont encouragé à consulter un psychiatre après mes 20 ans. J’avais une séance par mois, mais j’avais énormément de mal à exprimer ce que je ressentais. Il a fallu du temps, et surtout mon entrée en Centre Médico-Psychologique puis en hôpital de jour, pour que je commence à être réellement aidé.


Quels ont été les retentissements de la maladie sur votre vie ?

Les conséquences ont été radicales. Ma vie a été bouleversée. J’ai tout perdu : ma compagne, mes amis, mon emploi, mon logement. Je me suis retrouvé dans une sorte de zone intermédiaire, que je décris dans mon livre comme un « no man's land » : un espace invisible entre le monde hospitalier et le monde extérieur, où l’on n’a plus vraiment sa place nulle part.
À cela s’ajoute l’incompréhension de la société. C’est pour cela que je tiens à saluer le travail de votre association dans la lutte contre la stigmatisation.



Comment avez-vous réagi alors ?

Je me suis accroché à ce qui me restait : ma famille. Elle a été mon point d’ancrage. Si je suis encore là aujourd’hui, c’est grâce à elle et je ne pourrai jamais assez la remercier. 



Qu'est ce qui vous a aidé à vous rétablir ?

Le premier tournant, ça a été de comprendre la maladie. Mettre un nom sur ce que je vivais a changé beaucoup de choses. Après le diagnostic, j’ai participé pendant un an à un programme de gestion de la maladie et du rétablissement. Ça m’a donné des repères, des outils. J’ai aussi été accompagné par une infirmière psychologue qui a joué un rôle clé. Elle m’a aidé à reprendre confiance et à avancer concrètement dans mon rétablissement.

 

Qu'est ce qui vous a donné le courage de témoigner de votre rétablissement ?

J’ai pensé à toutes les personnes qui vivent la même chose, souvent dans le silence et la solitude. J’ai écrit ce livre d’abord pour elles. Pour leur dire que ce n’est pas une fatalité, qu’un chemin est possible. C’est un message d’espoir. Mais c’est aussi un livre destiné au grand public, à celles et ceux qui veulent comprendre plutôt que juger.

Mon livre est disponible sur la plateforme The Book Edition :

>Version papier : https://www.thebookedition.com/fr/dans-la-peau-d-un-schizophrene-p-428200.html
>Version numérique : https://www.thebookedition.com/fr/dans-la-peau-d-un-schizophrene-ebook-p-428205.html
shizo oui solidarite rehabilitation     schizo jeunsAssiettes chinoises logo final jpegschizo espoirJDSLogo TP TP