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Faute d’avancées majeures, sur un fond de crise de la psychiatrie, nous essayons de pointer quelques frémissements, qui même s’ils ne se traduisent pas pour grand monde sur le terrain, sont porteurs d’espoir.

Au niveau national

La santé mentale est désormais dotée d’une feuille de route et pour la première fois, d’un délégué ministériel, Franck Bellivier, dédiés. 

Dans le sillage du décret de juillet 2017, les projets territoriaux de santé mentale réformant les soins en psychiatrie ( "PTSM") sont en cours dans les différentes régions, avec des projets identifiés par les acteurs à remettre au printemps 2020.

La réglementation a changé en début d’année et des structures proposant des soins de réhabilitation psychosociale se mettent en place.

La psychiatrie a obtenu quelques crédits supplémentaires, dont en fin d’année, 30 M € spécifiquement accordés sur appels à projets à des innovations (prise en charge précoce, particulièrement des enfants et adolescents, équipes mobiles, programme BREF, meilleure prise en charge somatique etc).

La formation de la population au secourisme en santé mentale, introduite de longue date en Australie (où le tiers de la population est formée) et diffusée déjà dans une vingtaine de pays arrive en France, avec les « PSSM », Premiers secours en santé mentale. En septembre 2019, une première promotion de « formateurs » a déjà été formée. Le projet est la formation de 500 000 secouristes en 10 ans, grand public et professionnels de tous horizons : pompiers, enseignants, policiers, agents d’accueil, personnel des ressources humaines en entreprise…


Dans les médias

Incontestablement, les médias se sont davantage saisis de la question de la psychiatrie à la faveur de la crise des hôpitaux. Nous sommes largement sollicités pour nous exprimer et témoigner (voir notre revue de presse).

Même si les angles sensationnalistes et stigmatisants demeurent légion, on voit de plus en plus de reportages de fond, un éventail de plus en plus large de médias intéressés, et un traitement plus incarné du sujet.
En témoignent par exemple :
- un article sur la pair-aidance dans les Inrocks,
- un article de 4 pages sur la schizophrénie dans Causette : Portrait de Nicolas Rainteau « Le schizofrère »
- ou encore  la série documentaire « Dans ma tête » sur France TV Slash , où Naama de l’association Schizojeunes a témoigné sur sa schizophrénie.

Ce mouvement est favorisé par l’investissement de jeunes psychiatres dans les médias pour lutter contre la stigmatisation. Citons notamment Nicolas Rainteau ( interviewé aussi par FR3, Le Monde, Santé Magazine… ) et Jean-Victor BLANC dont le livre « Pop & Psy - Comment la pop culture nous aide à comprendre les troubles psy « aux éditions PLON bénéficie d’une très large couverture média (Le Monde, Le Point, femina.fr, Télérama, LCI, BRUT, RFI, France Inter, Les Echos etc).

 

Les prémisses d’un changement de paradigme en psychiatrie ?

Face à un bateau qui coule, les professionnels se mettent davantage en mouvement, avec une ouverture plus grande aux approches de la réhabilitation psycho-sociale.
 
La nouvelle génération de psychiatres souhaite un renouveau de sa discipline comme en témoigne la récente tribune de l’association des jeunes psychiatres et jeunes addictologues AJPJA 

De nombreux colloques et congrès tenus cette année ont permis de rendre compte de la floraison d’initiatives locales innovantes comme le case-management, les équipes mobiles, la pair-aidance mais aussi le soutien aux aidants avec le programme BREF, ou encore le job coaching.

Les rencontres « Parlons psy » organisées par la Fondation de France, ou le colloque « vers l’alliance thérapeutique usagers, familles et professionnels » organisé par l’Unafam ont été l’occasion de constater la montée en puissance de ce changement de paradigme centré sur le rétablissement au détriment d’une approche limitée exclusivement à la rémission des symptômes. 
 
Et de favoriser les croisements de regard entre tous les acteurs de la santé mentale, professionnels soignants, acteurs de l’accompagnement, entourage mais aussi usagers avec une place de plus en plus significative accordée aux pairs-aidants et la mise en place de formations pour en professionnaliser l'action.


Mais pendant que réunions, rencontres et colloques réunissent toujours les mêmes personnes soucieuses de promouvoir de bonnes pratiques, sur le terrain, ces innovations ne bénéficient qu’à quelques happy few, laissant le décor général inchangé.

Les rapports de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté Adeline Hazan continuent régulièrement de pointer des établissements aux pratiques gravement attentatoires aux droits et à la dignité des patients.  Et comme l’a rappelé en septembre le rapport parlementaire Wonner-Fiat « l’organisation territoriale de la santé mentale est donc tout à la fois inefficiente et inefficace. Il en résulte une prise en charge des patients catastrophique. »
Enfin, et surtout, la modernisation de la psychiatrie ne peut reposer que sur la seule bonne volonté des acteurs et demande une volonté politique et des moyens qui restent à ce jour à approfondir. 

C’est pourquoi,  nous devons continuer tous ensemble en 2020 à porter la parole des personnes concernées, à soutenir les équipes innovantes et à souffler sur ces bonnes pratiques qui émergent pour passer à la vitesse supérieure !
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