Restez informé de notre actualité >>
captcha 
Collectif Schizophrénies
Nous contactericon mail


visuel tmoignage
"La Porte Ouverte" : une semaine en hôpital psychiatrique

Paul, aujourd'hui marié et père de deux enfants, raconte les sept jours qu'il a passés en 2004 au Vinatier, à Lyon, entre paranoïa et sentiment de toute puissance.

-1-

Nous sommes trois personnes à pénétrer dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique du Vinatier à Lyon. Il y a Marc, mafieux connu pour sa capacité à tuer de sang-froid, d’ailleurs il possède dans son blouson en cuir noir, une arme à feu qu’il cache. Je suis sensé ne pas le savoir … Mais j’ai deviné qu’il souhaitait s’en servir pour me refroidir la cervelle !

C’est pour cela que je suis nerveux en ce moment, il se passe des choses louches.

La deuxième personne, c’est Lucie. La sœur du mafieux. C’est aussi ma femme. Elle traîne elle aussi dans des affaires malsaines, elle me cache tout depuis le début ! Mais en chemin pour l’hôpital, j’ai appris plein de choses sur son passé, sa famille, sur notre histoire commune liée par un passé obscur sans que je le sache !...

Ah ! J’ai le sentiment que l’on me trahi constamment, que l’on me ment depuis le début de cette histoire d’amour avec Lucie. Mais dans la voiture, malgré ces mensonges que j’ai décelés en moi-même sans l’aide de personne, j’ai décidé de l’aimer. J’ai fait ce choix même si je souffre de notre différence de milieu social. Moi, je ne suis pas un mafieux ! Je ne possède pas tout ce passé tordu !

La troisième personne, C’est moi. Luc.

Je vois tout, très clairement maintenant et j’angoisse terriblement. Marc est là pour m’exécuter, Lucie, elle, même si elle m’aime profondément n’a pas le choix. Il faut que leur clan aille jusqu’au bout. Il faut que je meure.


-2-


La porte s’ouvre sur un hall, on est accueilli par des gens habillé en blanc, je me sens rassuré, l’atmosphère qui m’habitait dans la voiture retombe, c’est un autre milieu, mes pensées changent.

Je suis toujours aussi tendu, je ne dors plus depuis trois jours.

L’intérieur de mon corps lui, va exploser. Mon âme va faire exploser ce corps dans lequel elle ne peut plus être contenue. Je sens qu’elle est comme déchiquetée par des milliers de pensées que je ne contrôle plus. Je perçois en moi la source de ces pensées. Mais malgré cette lucidité, mon agitation mentale est un puits sans fin qui déborde et me détruit.

Dans ce hall, ma femme pleure, elle est très triste. Son frère lui essaie de gérer la situation. Ils parlent avec les gens en blanc. Je sens que je suis l’élément central de ces discussions mais n’en ai pas assez conscience. Je sens bien aussi que maintenant je suis en sécurité, mais je vis les événements de deux manières bien distinctes.

Un partie de moi, lucide, sais que c’est le début d’une guérison, et l’autre partie ne se pose aucune question et enchaîne les évènements avec une grande rapidité.

Ca y est, leur discussion semble terminée. Un bonhomme, petit, cheveux bruns, vient à notre rencontre et nous emmène tous les trois avec une dame dans une petite pièce.

Là dans ce petit bureau, l’homme me questionne, me parle. Tout est flou en moi.

J’ai toujours le sentiment que mon corps va exploser. La lumière est vive, ça me perturbe, mes pensées sont tout excitées.

La femme, elle aussi m’interroge. Elle est de mèche avec l’homme, j’en suis persuadé.

A cet instant, j’ai la certitude que c’est un complot. Ces quatre personnes manigancent quelque chose contre moi. En plus, cette femme couche avec cet homme, c’est certain. Et, pire encore, il veut coucher avec la mienne, de femme.

Là, j ‘explose intérieurement, je lui jette un regard à vous glacer le dos, je veux le tuer, mais par le regard et uniquement par le regard. Alors je gonfle mes yeux de haine, d’énergie et de volonté afin de le détruire. Je veux détruire son âme. Je veux qu’il n’existe plus.

Mais malgré toute ma bonne volonté pour le détruire, il continue à parler, à faire des gestes. Il m’énerve au plus haut point.

Maintenant ils sont tous d’accord, moi je n’ai pas compris ce qu’ils disaient. On sort de la pièce, on se dirige vers le hall, et là, je comprends aux larmes de ma femme que l’on doit se séparer. Ma femme pleure de plus en plus, et j’essaie de la rassurer en lui disant qu’il ne peut rien m’arriver, que je suis en sécurité.

Je ne le lui dis pas, mais j’ai confiance, je suis indestructible, rien ne peut me détruire, j’ai la certitude que cette âme qui vit au fond de moi, personne ne peut rien contre elle.

C’est ce message que j’essaie de lui transmettre en la quittant, afin de la rassurer.

 

-3-


Ca y est, je suis enfin seul. Je vagabonde dans des couloirs. Une dame me mène à une chambre, ma chambre. Je me mets en pyjama, mange mon repas.

Puis quelqu’un vient me voir et me demande de boire un médicament. Rien n’y fait, je suis persuadé qu’ils vont m’empoissonner à cause de cette potion. Je la bois, attends que la personne parte et ferme la porte. D’un coup je cours aux toilettes afin de vomir cette mixture qui voulait ma mort. Je mets mes doigts dans ma bouche, vomis mon repas et le médicament. Je suis fier d’avoir pu déjouer ce plan meurtrier sur ma personne.

Maintenant, une chose encore à faire. Comme l’on veut ma mort, il faut absolument que je me débarrasse de mon alliance de mariage. Personne ne doit mettre la main dessus. Une idée me vient. J’enlève ma bague, la jette dans les toilettes, tire la chasse d’eau.

Fini ! Plus une trace de cette bague. Je suis soulagé.

Je vagabonde toujours dans les couloirs. Je découvre la salle fumeur, avec un homme dedans qui fume. Je vois sa cigarette et aussitôt, monte en moi le désir de fumer. Il faut que je fume, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas touché à une cigarette. Le gars est gentil; il me fait fumer. Un sentiment de puissance me parcourt et m’habite. C’est immédiat !

Je sens le mal entrer dans mon corps, dans mes veines. La nicotine est dans mon sang et je la ressens. Ça fait du bien. Maintenant que j’ai regouté aux joies de la cigarette, il m’en faut toujours plus. Je vais voir les gens en blanc qui sont regroupés dans le hall, je vois leurs paquets de clopes posés sur les tables derrière, je boue, ils m’énervent, ils ne veulent pas m’en donner.

Tous des salauds. Pourquoi, alors qu’ils fument tous, ne veulent-il pas, que moi aussi j’en profite? Je ne comprends pas. Je décide alors de m’asseoir sur le canapé du hall jusqu'à temps qu’ils soient d’accord pour me donner une cigarette.


-4-

Mais rien n’y fait. Plus le temps passe, plus ils attendent quelque chose de moi, mais je ne comprends pas ce qu’ils veulent exactement. Je n’ai pas envie de dormir. J’attends toujours ma clope.

Au bout d’un moment, ils se regroupent, parlent et font en sortent que je me déplace au bout du couloir, dans une petit pièce. Il y a un lit où ils me forcent à m’allonger. Je me sens piégé, on me force à faire des choses que je n’ai pas choisi, en plus, des gars super costauds sont venus en renfort pour rassurer les dames du hall.

On me force à m’allonger, ils m’attachent, ils veulent que je leur obéisse. Mais je ne veux pas aller au bout de ce qu’ils demandent. Ils me veulent mort, et moi c’est la vie que j’aime. Pour moi, la partie va être difficile, à partir de maintenant. Je sens bien qu’ils veulent que je sois compatissant et calme. Et de minutes en minutes, je me soumets à leurs volontés.

Ils me parlent et tentent de me rassurer, mais je comprends très bien qu’ils veulent ma mort. Cette cellule est ma tombe. Six, huit personnes sont là pour me donner la mort en m’expliquant que c’est bon pour moi, qu’il n’y a que cela comme issue.

A un moment, les molosses se positionnent dans la pièce en formant un triangle dans lequel je suis au centre. Là je comprends instantanément que ma mort est inévitable, qu’elle est désirée aussi par ma femme et qu’il n’y a pas d’autres solutions. Je prends un instant pour réfléchir et j’accepte la proposition des gars costaux. J’accepte de mourir pour ma femme et seulement pour ma femme. Je me calme. Je laisse la dame enfoncer en moi cette aiguille qui va me donner la mort.


-5-


Je suis allongé sur une civière, quatre bonshommes me portent. J’ouvre un œil. Nous sommes dehors. Quelqu’un porte mes habits dans un sac poubelle. Je suis tellement fatigué qu’il faut que je referme l’œil. Tout mon corps est engourdi.


-6-

 

Je me réveille. Je suis attaché à un lit.

Mes deux pieds et mes deux mains sont serrés très fort. Je ne comprends pas grand-chose. Je sonde l’atmosphère autour de moi.

Une porte devant moi, deux fenêtres avec des barreaux qui les protègent à l’extérieur sur ma gauche. Un mur à droite. Derrière moi, une toilette turque et un lavabo.

Silence. Rien.

Par moment des bruits de pas et des murmures au loin.

Je crie très fort afin que l’on m’entende.

Premières pensées : « sortir d‘ici ».

Je hurle.

Rien. Personne ne vient m’ouvrir la porte.

Je trouve un nouveau système pour alerter les gens. Je fais claquer la sangle qui m’attache les mains au bord du lit.

Clac… Clac… Clac…

Rien. Pas un bruit.

Personne. Je me sens seul et ça m’angoisse. Je trouve le temps très long.

Je souffre énormément. Mon cœur saigne.

Je n’ai jamais autant souffert.

Qu‘ai-je fait pour mériter un sort pareil ?

Suis-je un animal que l‘on peut séquestrer?

Qui possède les clefs de cette porte ?


-7-

 

Enfin du bruit, les clefs tournent dans la serrure, je sens mon cœur se libérer. Deux personnes avec un repas. Ils me regardent. J’ai une faim de loup, je dévore mon repas. Le seul problème c’est qu’ils essayent de me faire avaler un médicament. A peine l’ai-je dans la bouche que je tourne la tête pour le cracher.

Ils veulent encore me faire du mal avec leurs médicaments !

Le gars de gauche se met à crier. Je sens bien qu’il n’a pas apprécié que je crache le médoc.

Il n’est vraiment pas content, il prévient son collègue. Moi je suis content de ne pas avoir avalé le médicament ! Ils ne me tueront pas !

Je finis mon repas tout en parlant avec eux, puis ils partent et me rattachent au lit. Je suis soumis, je les laisse faire.

De toute façon je n’ai pas le choix !

La solitude se réinstalle dans ma chambre.

Je souffre à la folie. Mon cœur va exploser de souffrances.

Tout mon corps ne désire qu’une chose, c‘est se replier sur lui-même à cause de cette souffrance qui m’habite ! Je me flétris, me dessèche, me vide petit à petit de moi-même.

Si l’enfer existe, cela doit y ressembler.

En plus je ne peux pas bouger ! Je ne peux qu’assister, en témoin, à ma propre souffrance. C’est horrible.

De temps à autres, quelques bruits de pas dans le couloir me donnent envie de savoir ce qui se passe de l’autre côté du mur. Et moi, je fais claquer toujours plus fort ma sangle de bras afin que quelqu’un vienne m’ouvrir cette porte. Je sais au fond de moi que plus je ferai du bruit, moins ils viendront m’ouvrir, mais la colère est telle que je n’arrive pas à m’empêcher de frapper pour appeler les gens !

Un homme vient m’ouvrir, il me détache. Il me dit de le suivre.

On passe la porte et l’on se retrouve dans un petit sas. Mes affaires sont là, mes habits, le sac poubelle, des lettres, des affaires que ma femme a laissées au personnel.

Il me fait prendre une serviette dans mes affaires. Je vois un nouveau pyjama que m’a offert ma femme. Sur le pyjama un petit dessin et un mot : « partir ».

Je comprends instantanément que c’est un message que ma femme m ‘adresse. Elle me quitte ! Elle ne veut plus de moi !

Stoïque, je ne dis rien au monsieur. J’encaisse la nouvelle annoncée par mon nouveau pyjama.

Avec ma serviette, il me dit de le suivre, il m’emmène aux douches qui sont à l’étage. Je croise des gens dans les couloirs, ça fait du bien de ne pas se sentir seul.

Je vais dans la grande douche. Je cherche dans ce lieu, quelque chose qui ne va pas.

La pièce est envoûtée, c’est sûr ! Je le sens. J’en ai l’intime conviction …

Je fouille la pièce, ouvre la fenêtre, cherche un objet qui aurait été placé dans cette pièce pour l’envoûter.

Je soulève un carreau de carrelage et trouve un lot de cheveux attachés les uns aux autres. J’en étais sûr, cette pièce est envoûtée.

A cet instant, je découvre ma nouvelle mission dans cet hôpital : « je suis exorciste ».

Grâce à moi, l’hôpital va être libéré de ses emprises maléfiques. Je me sens surpuissant, qu’une telle mission me soit confiée.

Je prie Dieu pour qu’il libère cette pièce des démons qui la hantent.

Et Dieu m’écoute, c‘est sûr, j’en suis certain.

Maintenant j’ai une mission, je bénis la pièce pour qu’elle soit marquée du sceau de Dieu.

Ca y est, je peux sortir de cette douche.

Tout est fini, je n’ai plus rien à y faire.

 

-8-

 

Je vagabonde dans les couloirs et m’assois sur une chaise. Il y a des magazines à côté. Je lis un magazine et je comprends le sens caché de ce magazine, je perçois le plus intime de ces photos de star. Je les comprends, je sais ce qu’ils vivent à l’instant où les photos sont prises. Rien ne résiste à ma vue superpuissante, je suis extra lucide, je tourne les pages je n‘ai pas besoin de lire ce qui est écrit.

Il me suffit de jeter un œil rapide sur les images pour les décrypter comme personne !

A un moment je tourne une page, ça y est, le magazine est au courant de ma mission d’exorciste. Une croix chrétienne prise en photo en est le signe. Génial, je suis super heureux, on sait que j‘ai une mission, le monde le sait. Ça m‘excite, j‘ai les nerfs en pelote, il faut que je bouge, que je parle.

En moi quelque chose gonfle et ne peut plus être contenue dans mon corps, je sens de l’énergie partout dans mon corps.

Je suis tellement content que je déchire la page et la cache dans mon pantalon afin de la ramener dans ma cellule.

Ça m‘excite à mort. Je sais que c’est interdit mais j’en ai un plaisir monstre.

Le monsieur revient me chercher et l’on me descend dans ma chambre.

 

-9-


Au bout de trois jours, on me détache du lit mais je reste dans la même cellule.

Je regarde par la fenêtre, il y a pas mal de lapins et d’oiseaux qui jouent dehors. Je les observe, je n’ai que ça à faire ! A un moment, je comprends que je peux leur parler.

Je tape à la fenêtre pour qu’ils entendent un bruit. Comme du langage morse. Quand ils s’arrêtent de courir, les lapins, c’est leur signal pour me montrer qu’ils ont compris ce que je voulais leur transmettre comme message !

Ah c’est génial de parler aux animaux. Dès qu’un oiseau piaille, je lui réponds, pareil avec les lapins.

J’ai vraiment découvert un secret caché aux hommes que seuls quelques sages connaissent. En fait, c’est simple : c’est la réincarnation. Dans l’oiseau et le lapin, une âme d’homme existe et à leur mort, soit ils acceptent de rentrer dans le paradis de Dieu soit ils refusent et se réincarnent.

Je jubile, j’ai découvert ce secret caché aux hommes.

En fait, l’enfer n’existe pas. La vie recommence jusqu’à ce qu’on accepte le paradis de Dieu. Je suis vraiment super puissant, je découvre de jours en jours les secrets de la vie mystique, les secrets du monde qui nous entoure.

Je tourne dans la cellule. Je m’ennuie énormément. A part parler aux lapins et aux oiseaux, faire mon lit, regarder par la fenêtre, je n’ai rien à faire.

 

-10-

Au bout de cinq jours, on vient me transférer dans une autre cellule.

Rebelote, je n’ai rien à faire.

Je joue toujours avec les lapins car ma fenêtre donne sur un champ immense.

Je frappe aussi à la porte, violemment, afin de me faire entendre.

J’ai besoin de voir du monde.

Rien, personne.

Toujours des bruits de pas et des paroles lointaines.

La pièce est beaucoup plus propre, moins insalubre. Toujours des toilettes turques, une fenêtre qui, là, n’est pas obstruée, car je suis au deuxième étage.

En deux jours, j’ai eu la visite d’une dame avec des assistantes, et d’un infirmier pour me donner à manger.

Puis on me fait sortir et l’on me donne une chambre. Je suis avec un collègue. Il a l’air blanc comme la mort et en plus il passe ses journées allongé sur son lit à regarder le plafond. Je suis persuadé qu’il est guidée par des forces de mort, le sang circule mal en lui. Il a du mal à marcher et quand il sourit, c’est squelettique.

Mais je n’ai pas peur, ça ne me fait rien.

Mes premières journées sont très excitantes, je n’ai pas parlé à des gens depuis plus d’une semaine.

Je navigue dans les couloirs, regarde les personnes qui y vivent. Dès le début je suis attiré par le coin fumeur, c’est une table à côté de la salle à manger où beaucoup de gens sont là à discuter et à fumer.

Je suis tout de suite très content d’être là…


-11-

 

Les gens jouent, c’est clair pour moi.

Je m’assoie, je taxe une cigarette car ma femme ne m’en a pas amenées. Elle refuse que je reprenne la cigarette car j’ai arrêté depuis six mois.

Je fume et je jubile, c’est génial de pouvoir jouer avec les autres humains.

Y’a un black tout jeune qui joue aussi, on se comprend presque sans rien dire, j’en suis sûr!  La musique aussi m’excite et aiguise en moi la lucidité, un Bob Marley commence et tout mon corps réagit, celui du black aussi, on est content, on ressent la musique, on la vit, il y a comme des vents mystiques qui planent dans l’air, des vibrations qui nous parcourent, l’excitation est à son comble.

Tout se passe à l’intérieur, sans paroles, dans le calme du silence. Mais au fond de l’âme c’est vivant, tout bouge et l’on ressent les choses avec une intensité démultipliée.

visuel tmoignage
Lana tient un blog qui détaille "la schizophrénie par une schizophrène" et présente ses "réflexions sur la psychiatrie par une usagère". Elle raconte dans ce texte ceux qui l'ont aidée et ce dont elle avait besoin en période de crise.


J’ai étudié couchée sur mon lit, souffrant de clinophilie. J’ai passé des heures à étudier quelques pages, interrompue par une voix qui me poursuivait. M’arrêtant pour aller à la librairie la plus proche m’acheter des livres sur la psychiatrie, pour tenter de comprendre ce qu’il m’arrivait. J’ai passé des examens oraux les yeux rougis, ayant pleuré dans les toilettes juste avant. Je suis allée au cours la vue brouillée par les médicaments ou les larmes.  J’ai vu les mots danser sur des feuilles, prise par l’angoisse.

J’ai travaillé dans des états d’angoisse pas possible, avec l’envie de hurler chaque fois que quelqu’un s’approchait de moi. J’ai pleuré dans tous les coins de la librairie. J’ai regardé mon environnement en ne le comprenant plus, complètement déréalisée, mais pourtant debout devant les gens.

Mais je n’ai pas écouté ceux qui me disaient de penser à ma santé d’abord. Je ne sais pas ce que ça veut dire, penser à sa santé. Arrêter tout, et penser à sa santé. Et après, quoi ? Que reste-t-il quand on a tout sacrifié à sa santé ? Mes études, mon travail étaient liés à ma passion, les livres. Les livres qui me tenaient debout, qui ne m’avaient jamais abandonnée, même dans les pires moments. Les mots, ceux que je lisais, ceux que j’écrivais, c’est ce qui m’a sauvée. Même quand il n’y avait personne, il y avait les mots.  Alors, lâcher ça, ce n’était pas possible. Tout perdre, mes études, plus tard mon travail, c’était inconcevable. C’était tout ce qu’il me restait. C’était pour ça que je me battais tous les jours. Pour assurer mon présent et aussi mon avenir. Malgré la dépression qui ne me faisait songer qu’à la mort, malgré la psychose qui me faisait vivre dans l’autre monde, il y avait cette peur de perdre ce qui donnerait du sens à ma vie si un jour je guérissais.

Quand j’y repense, je ne sais pas comment j’ai fait. Mais je l’ai fait, et j’en suis heureuse.

Il y  a eu aussi des gens qui m’ont aidée.  Des amis qui sont venus avec moi chez la psychologue ou le psychiatre, à l’hôpital. Mais surtout, ma famille et mes amis m’ont fait du bien en étant ce qu’ils sont, des amis et de la famille, pas des soignants . En étant là, simplement. Bien sûr, j’aurais aimé plus de compréhension à certains moments, mais les gens ne savent pas ce qu’est la schizophrénie, et moi je ne pouvais pas en parler, la plupart du temps. Je ne savais pas ce qu’on pouvait faire pour moi, alors comment leur en vouloir de ne pas le savoir eux aussi ?

Ce sont les soignants, quand enfin on m’a bien soignée, qui m’ont le plus aidée à sortir de la maladie. Cette infirmière qui m’a pris la main. Ce n’est pas grand-chose, mais quand on est crise, c’est beaucoup. Ma psychiatre qui m’a dit « je suis fière de vous ». On ne me l’avait jamais dit. Mon médecin généraliste qui m’a forcée à prendre un congé maladie. Mon autre psychiatre, qui m’a si bien écoutée.

Je n’ai pas de recette magique. Je ne sais pas comment on s’en sort. Je sais juste que je l’ai fait parce que c’était plus facile et moins douloureux que de se laisser glisser totalement dans la folie. En crise, j’avais besoin de douceur, d’amour, de compréhension, d’une épaule. Après, j’ai eu besoin de quelqu’un qui m’aide à comprendre tout ça, à vivre avec, à comprendre le monde, à retourner vivre dans ce monde que j’avais quitté pour l’autre monde.

J’étais sur l’autre rive, j’avais besoin que des gens me tendent la main depuis l’autre côté.

Aujourd’hui, je vis comme tout le monde. J’ai un travail, des amis, de la famille, et toujours ma passion des livres. Je vais bien. Je sais que je pourrais rechuter. Mais je sais aussi que je pourrais m’en sortir à nouveau.

De nombreux ouvrages, contribuant à faire évoluer le regard sur les troubles psychiques, sont publiés en France et nous souhaitons en faire la promotion active.  L’heure est à la libération de la parole, et le livre est l’un des supports de cette évolution : on assiste, en effet, à l’émergence de nombreux témoignages de personnes vivant avec des troubles psychiques, notamment avec la schizophrénie, et portant sur leur rétablissement, et de professionnels de santé qui l’inscrivent au cœur de leur pratique.
En voici une sélection non exhaustive.    
Auteurs salon

Nous sommes fiers de compter comme membres du Collectif schizophrénies  Emmanuelle Jouet, Bénédicte Chenu, Stéphane Cognon et Matthieu de Vilmorin, parmi les auteurs cités dans cette rubrique

La schizophrénie vue de l'intérieur

Hervé Jault - L'homme des brouillards

Ed.Librinova 2020

À l’aube d’une carrière d’ingénieur géomètre prometteuse, Civain est optimiste. La réussite semble garantie. Pourtant, le jeune Angevin souffre de schizophrénie. Cette maladie va envahir son esprit. Tout s’écroule alors.

Abordant le monde du travail à la fin des années 2000, il va rencontrer des difficultés à l’embauche et surtout à se maintenir dans ses différents emplois. De cauchemar en cauchemar, sans jamais renoncer, il devra trouver la force de se relever et réussir coûte que coûte dans cette vie qui lui tend la main. Cette histoire, c’est le parcours semé d’embûches de cet homme qui tente de « faire son trou » sans pour autant « creuser sa tombe » et ainsi réaliser ses rêves.

Que son cri en lui puisse résonner en nous.


L'homme des brouillards

Gringe - Ensemble, on aboie en silence

Editeur Harper Collins, septembre 2020

 Deux frères L'un, candide, l'autre, rageur. Leurs parents ont mis au monde la parfaite antithèse. Quand Thibault fonce, Guillaume calcule. Si Thibault tombe, Guillaume dissimule. En 2001 Thibault est diagnostiqué schizophrène. Sa bascule, il fallait la raconter. Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l’amour, les voyages, les rires, la musique et l’espoir.
Alors, Thibault a accepté de livrer ses folles histoires. Et ses voix se sont unies à celle de son frère. Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille. À partir d’une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse. Un récit écrit à quatre mains pour renverser les préjugés.


Je reviens dun long voyage

Philippe Cado - Pierre ou l'ambivalence, Une passion des contraires

Ed. Unicité, mai 2020


Philippe Cado, témoigne  dans ce nouvel ouvrage Pierre ou l'ambivalence, Une passion des contraires de la vie et de l’œuvre d’un ami disparu, au talent artistique indéniable. 

Dépassant le récit anecdotique de la vie d’un « fou littéraire » qui se croyait un destin messianique, cet essai biographique explore la notion d’ambivalence dans un registre radicalement autre que celui de la psychiatrie à laquelle elle est ordinairement cantonnée.




PH CADO PIERRE OU

Claire Chardin - Sans ailes - Les poèmes d’une schizophrène

Editions du Panthéon, septembre 2019

En vers paradoxalement lumineux, Claire Chardin évoque le sentiment de vide laissé par le décès de sa mère. Les heures douces passées en sa compagnie, la tendresse de ses bras aimants, son affection, tout en ses poèmes dit l'amour filial.

Encore troublée mais désireuse de lever le voile sur l’un des épisodes les plus noirs de sa vie, elle détaille avec sincérité les souvenirs marquants de sa psychose chronique et souhaite sensibiliser les jeunes et leurs familles à cette maladie trop souvent sous-estimée.


SANSAILES

Luc Vigneault - Cap sur le rétablissement  

Ed.Performance, juillet 2019

Après le succès que lui a valu le livre Je suis une personne pas une maladie, Luc nous revient avec ce nouveau collectif d'auteurs entouré de spécialistes, de cliniciens experts, de chercheurs, de personnes atteintes et de proches. Il relate sa vie de manière touchante et intime tout en exposant les ingrédients qui suscitent l'espoir et contribuent à mettre plein cap sur le rétablissement.

Pour tous ceux et celles qui doivent composer avec un trouble de santé mentale, une chose est sûre, le rétablissement est possible pour tous !


CAP SUR LE RETABL




Sylvain Dorange, Jacques Mathis  - Psychotique 

Ed.La boîte à bulles, avril 2019

À travers le vécu et les écrits de l'écrivain et poète Jacques Mathis, une évocation sensible, sous forme de BD, de la psychose et des maladies mentales.

C'est sous le crayon de Sylvain Dorange que Jacques Mathis conte sa propre histoire, celle d'un homme mégalomane coincé dans un corps étriqué en comparaison de ses idées. Son enfance, passée dans une petite bourgade lugubre de Lorraine, s'est arrêtée à 14 ans, l'année où il fait sa première vraie crise. Et puis les femmes, l'adolescence, le théâtre, la littérature ont eu raison de ses doutes.

Jacques Mathis nous livre avec Psychotique un témoignage touchant et sincère de son quotidien, depuis la découverte de sa pathologie en passant par ses multiples passages en hôpitaux psychiatriques, ses séances chez la psy, ses hauts et ses bas.

PSYCHOTIQUE BD






Ségolène Bourlard - L’aquarium

Ed.Librinova, 2019

"Plus j'y réfléchissais, plus j'étais convaincue que j'avais trouvé LE mot. L'aquarium. On était enfermés, dans un bocal, presque coupés du monde extérieur. Observés, épiés comme des bêtes curieuses, avec le nom de nos petites maladies sur un écriteau à côté du bocal.

Nous étions un bel aquarium cela dit, parce que chaque poisson était différent, majestueux dans sa singularité. Oui. J'aimais bien cette idée d'aquarium. Thomas continuait à chercher LE mot, mais moi je l'avais trouvé. » Un témoignage sur l'hospitalisation en psychiatrie.

PSYCHOTIQUE BD

Philippe Collinet - Le Bouddha Schizophrène

Edilivre, mai 2018

« Ce livre raconte mon histoire vécue : un combat sur soi-même par la pensée. C'est un témoignage d'une recherche de la paix intérieure depuis le commencement des difficultés jusqu'à la découverte du bonheur… »
Depuis le début de ses problèmes à l'adolescence, Philippe (qui habite en Belgique), a commencé à courir le marathon, puis le 100 km, puis le triathlon Ironman complet jusqu'à être décoré. Il a par ailleurs réussi un master et exerce comme kinésithérapeute.
>> En savoir plus
 

Le bouddha schizophrene

Claire Chardin - Mi-ombre, mi-lumière

Editions du Panthéon, décembre 2017

En 2005, Claire Chardin voit sa vie basculer : sa consommation quotidienne de cannabis l’entraîne progressivement dans une schizophrénie délirante. Cette maladie du cerveau affecte sa pensée, ses sentiments et ses comportements.

Encore troublée mais désireuse de lever le voile sur l’un des épisodes les plus noirs de sa vie, elle détaille avec sincérité les souvenirs marquants de sa psychose chronique et souhaite sensibiliser les jeunes et leurs familles à cette maladie trop souvent sous-estimée.

mi ombre milumiere

Matthieu de Vilmorin - Les lunatiques, mon séjour chez les fous

Editions Bayard, janvier 2018


Matthieu de Vimorin est président de l'association Schizo Oui.
Son récit, construit en courts chapitres, porte un regard grave mais plein d'humour et de fraternité sur ces hommes et de ses femmes qu'on appelle « fous ».


Les lunatiques

Stéphane Cognon - Je reviens d’un long voyage

Editeur Frison Roche, février 2017

 « À 48 ans, j'ai éprouvé le besoin d'écrire sur ce qui m'était arrivé à l'âge de 20 ans.

Je n'ai rien oublié de cette période, et désormais je peux en parler avec suffisamment de recul. En partageant mon histoire, mes rencontres, mes réflexions, j'aimerais vous proposer un autre regard sur la maladie psychique. Un témoignage optimiste sur mon voyage initiatique. »

Aujourd'hui Stéphane Cognon est membre du Collectif schizophrénies

Stéphane nous parle de son livre
 

 

Je reviens dun long voyage

Fabien Pioc et Léanne - La montagne escarpée

Bande dessinée - Dessinateur PIOC, auteur Léanne, GRRR …ART éditions


C’est sous forme de BD « une aventure intérieure, une découverte de soi, un périple en terres hostiles ». Un ouvrage dessiné pour comprendre de l’intérieur les premiers signes de la schizophrénie, jusqu’au choc du diagnostic, puis le difficile chemin parcouru vers le rétablissement. Léanne est l'auteur de cette BD dessinée par Pioc.

La montagne escarpee

L'enfant de la télé ; abécédaire d'une schizophrénie

Ed. Jacques Flament, septembre 2015

Les vingt-cinq entrées de cet Abécédaire sont le fruit de longues conversations avec un ami évoluant dans ce qu’il nomme lui-même un univers de signes.

Un délire, auquel rien ne semble pouvoir mettre fin, le maintient en effet dans cette perpétuelle illusion. 

lenfant de la tl

Julia Gradel L'Éclipse - une bouffée délirante

Ed Edilivre, juin 2016

Julia avait à peine trente ans lorsque se manifestèrent les premiers signes d'une bouffée délirante aiguë. Des hallucinations aux voix qu'elle entend, elle évolue alors dans un quotidien terrifiant  où se mêle le réel et des signes et symboles d'un autre monde.

Elle apprendra plus tard qu'une bouffée délirante ne marque pas nécessairement l'entrée dans la schizophrénie, de même que la schizophrénie ne donne pas forcément lieu à des bouffées délirantes. Mais le vertige est là qui la saisit et ce document rédigé un an après les faits relate l'angoisse intense, la fascinante beauté venimeuse et la douleur fulgurante du délire.

LECLIPSE

Chantal Van Audenhove - Le rétablissement par soi-même, Vivre plein d'espoir avec une vulnérabilité psychique

Ed. Lannoo Campus, mai 2015

Le rétablissement par soi-même décrit les petites et grandes victoires remportées par des personnes avec une vulnérabilité psychique. 

Ils témoignent ici, en paroles et en images, de leur parcours de rétablissement, de ce qui les a inspirés, de ceux qui les ont soutenus dans ce parcours. Leurs témoignages engendrent des recommandations pour des soins de santé mentale sur mesure, plus en phase avec leur identité et leurs besoins personnels.

Ces récits peuvent ouvrir de nouvelles pistes et perspectives aux responsables politiques, aux soignants de différentes disciplines, aux patients et aux aidants-proches.

leretabparsoi

Arnhild Lauveng - Demain j'étais folle

Ed. Autrement, 2014

Les ombres s’épaississent, le trottoir est devenu trop haut, le Capitaine hurle de ne plus manger, de ne plus dormir et de s’infliger des coups…Il faudrait fuir, mais le couloir derrière la porte est jonché de crocodiles. Arnhild a quinze ans, et chaque jour est une torture. Avec la plus grande sobriété, elle raconte les premiers signes de la maladie, la terreur, les parents et les amis qui s’affolent, l’hospitalisation et la lente rémission.

Une préface du psychiatre Christophe André complète l’ouvrage. « L’humanité, écrit-il, persiste toujours sous la maladie. (…) Même lorsqu’on délire, même lorsqu’on sent son être partir dans tous les sens, même lorsqu’on se voit faire n’importe quoi, qu’on entend des voix, même dans ces moments, on reste infiniment sensible à toute forme de douceur, de gentillesse, d’écoute, de bienveillance, de confiance. » 

Aujourd’hui, A. Lauveng est devenue psychologue.
A Lauveng

Polo Tonka- Dialogue avec moi-même

Odile Jacob, 2013

 

« Lorsque je croupissais chez moi, torturé et anéanti par une maladie dont si peu soupçonnent l’horreur et l’étrangeté, je me disais : un jour, j’écrirai un livre sur ce que j’ai traversé, pour dire au monde l’atrocité de cette guerre de l’intime. Préfacé par le professeur émérite en psychiatrie Philippe Jeammet : « Ce livre constitue à mes yeux un des plus forts documents cliniques que j’aie pu lire. Il illustre ce fait, encore trop largement méconnu, parfois même parmi les psychiatres, que la schizophrénie, et plus largement la folie, n’est pas une essence, pas plus qu’une structure, mais plus prosaïquement une maladie ».Par un bonheur que je m’explique encore mal, ce moment est enfin venu. »

Dialogue avec moi mme

Le jour où je me suis pris pour Stendhal   

Editeur Eyrolles, juin 2012
 

Philippe Cado est professeur dans un lycée lorsque s'insinue en lui une idée folle : révolutionner l'Éducation Nationale en prenant modèle sur Stendhal.

Il fait ici le récit haletant de cette bouffée délirante qui le conduira jusqu'à l'hôpital psychiatrique et évoque sa lutte au quotidien contre la schizophrénie, cette maladie avec laquelle il a appris à vivre.

Le jour ou je me suis pris pour Stendhal

Florent Babilotte - Obscure Clarté

Laïus éditions, 2011

« Une voix étrange sort de la nuit comme pour me guider. Des cris terrifiés résonnent dans le silence. Mon angoisse m’étouffe, je veux me sauver et retrouver ma chambre. Quelqu’un crie et m’appelle sans répit. Je ne le connais pas mais lui me connaît. Si j’avais su, je n’aurais jamais quitté mon lit. La maladie est venue me voir ce soir d’hiver… Elle ne me lâchera plus. Le combat est constant mais inégal »


La pathologie de Florent, étudiant en droit, grandira dans son esprit sans qu’il ne comprenne ce qui lui arrive, jusqu’au jour où, pris d’une bouffée délirante, des voix étranges prendront possession de son esprit. Témoignage sur la maladie « vue de l'intérieur », l'ouvrage fait pénétrer dans les infractuosités d'une pensée tourmentée qui se (re)construit dans le dire, l'écrire. Il faut, en quelque sorte, « nommer la chose » pour tourner la page, Florent Babillote le fera de façon plus singulière encore. Après avoir achevé son autobiographie, Florent est devenu aide-soignant dans l’unité psychiatrique où il avait lui-même été hospitalisé.

Obscure clarte schizophrenia

*** Autres livres conseillés ***

 

je suis une personneMarie-Luce Quintal.. 
 Je suis une personne, pas une maladie ! 
Performance Edition 

A WolfersAnne Wolfers
(Dessins) A l'ouest
Editions Esperluète

AlexysAlexys Guillon
Le défi intérieur
Ed Schiz-Osent-Etre

 

La schizophrénie vue par les proches

Un hrosFélicité Herzog
Un héros
Grasset 

P BonnetPiedad Bonnet
 Ce qui n’a pas de nom  
Éditions Métailié  

deslumieres sur le cielBénédicte Chenu
Des lumières sur le ciel
 
Ed. Leduc

Legoutamer
Neal Shusterman
Le goût amer de l'abime
Nathan

gasparddelanuit
Elisabeth de Fontenay
Gaspard de la nuit. Autobiogaphie de mon frère
Éditions Stock

Max et liliDominique de Saint Mars 
 Livre écrit pour les enfants 
A télécharger

Livres et ouvrages de professionnels et de chercheurs

Dr Dr Jean-Victor Blanc - Pop & Psy. Comment la pop culture nous aide à comprendre les troubles psychiques

Se rase-t-on forcément la tête comme Britney Spears lorsqu'on est bipolaire ?
La schizophrénie ressemble-t-elle à un dédoublement de la personnalité façon Black Swan?

Une série Netflix peut-elle déclencher des suicides ?

Si je prends des antidépresseurs, vais-je me retrouver dans Requiem for a Dream ?

Répondre à ces questions en mixant culture pop et psychiatrie, tel est le pari du Dr Jean-Victor Blanc dans ce livre à la fois sérieux, scientifique et divertissant. Ainsi souhaite-t-il rendre sa discipline, encore méconnue, accessible au grand public afin de diminuer la stigmatisation dont les personnes touchées par les troubles psychiques sont victimes.

POPETPSY

Emmanuelle Jouet, Tim Greacen - Pour des usagers de la psychiatrie acteurs de leur propre vie. (NE)

ERES, octobre 2019


Emmanuelle Jouet, chargée de recherche au Laboratoire de recherche EPS Maison Blanche, présente dans cet ouvrage co-écrit avec Tim Greacen, les trois notions de rétablissement, d'inclusion sociale et d'empowerment, en les illustrant par de multiples expériences conduites dans divers pays.

Cette nouvelle édition témoigne des nombreuses avancées de ces dernières années pour faire vivre ce nouveau paradigme, défini par ces trois notions, à travers de multiples expériences concrètes menées dans divers pays.
Aujourd'hui Emmanuelle Jouet est membre du Collectif schizophrénies

Emmanuelle Jouet Pour des usageers

Claire Le Men - Le syndrome de l'imposteur - Parcours d'une interne en psychiatrie

Ed. La Découverte 

Lucile Lapierre, jeune interne en médecine en proie à un sentiment maladif d'illégitimité, est affectée un peu par hasard à une unité pour malades difficiles d'un hôpital psychiatrique. Dans ce roman graphique inspiré de son expérience personnelle, Claire Le Men dresse un portrait juste et drôle de l'institution psychiatrique et des personnages qui la peuplent. Ce faisant, elle fait voler en éclat nos présupposés sur la folie.



syndrome de limposteur

Dr Guillaume Fond - Devenez la meilleure version de vous-même en trois étapes,

Collection Savoir pour guérir, Réponse Psy

"Je veux changer mais je n'y arrive pas"... Psychiatre, chercheur, ancien coordinateur du réseau des Centres Experts Schizophrénie de la Fondation FondaMental, le Dr Guillaume Fond, recense dans ce manuel toutes les techniques validées pour réussir le changement, au jour le jour et par étapes pour optimiser ses chances de réussite.

G. Fond devenez la meileure version

*** Autres livres de professionnels ***

 

X Amador Dr Xavier Amador
Comment faire accepter son traitement au malade
Retz

M KoenigMarie Koenig
Le rétablissement dans la schizophrénie 
PUF  

A PelissoloPr Antoine Pélissolo
Retrouver l’espoir 
Editions Odile Jaccob

j Favrod Jérome Favrod
Se rétablir de la schizophrénie 
Editeur : Elsevier Masson

O GrossOlivia Gross
L'engagement des patients ...
Editeur : Doin

AV Rousselet Anne-Victoire Rousselet
Mieux vivre avec la schizophrénie
Dunod 

JL RoelandtJL Roelandt, B. Staedel
L’expérimentation des médiateurs..
Éditeur : Doin

N Barre Trochery 1Nicolas Barré Trochery
Accompagner le rétablissement ...
Ed.Chroniques sociales

shizo oui solidarite rehabilitation     schizo jeunsAssiettes chinoises logo final jpegschizo espoirJDSLogo TP TPlilot