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Collectif Schizophrénies
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Jacques est un adhérent-usager d’un Groupe d’Entraide Mutuelle créé par l’association Espoir 54, implantée à Nancy. Dans les aides à son rétablissement, il explique l’importance de l’humour.

Interview réalisée par Jean-Bernard Gallois en novembre 2017.


Qu’est-ce que vous a apporté Espoir 54 au quotidien ?

Je crois, tout d’abord, que l'association m’a apporté une structure dans mon quotidien parce que j’étais habitué à travailler. Donc, se lever le matin et aller travailler me donnait un rythme qui en fait structure, non seulement notre vie, mais aussi notre personnalité. Je m’étais donné comme rythme de me laisser aller le matin, d’être sans contrainte parce qu’on en a besoin quand on n’est pas bien. Mais avec pour objectif à midi, de venir au GEM, jusqu’à 17h parce que cela me permet d’avoir un rendez-vous pour voir les gens. Et quand je ressors à cinq heures, j’ai rechargé les batteries ce qui me permet de transférer ce que je vis au GEM dans ma vie quotidienne à la maison.

Qu’est-ce qui vous a le plus aidé dans votre rétablissement ?

Je me suis rendu compte qu’en étant en dépression, on a ce sentiment de rouler avec une voiture avec le frein à main bloqué à fond et l’impression de ne pas avancer. C’est-à-dire que le moteur hurle, patine mais on n’avance pas. Tout demande un effort et le problème qui se pose est de trouver l’énergie pour essayer d’avancer. Je l’ai trouvée au GEM sous une forme un peu particulière parce que, quand on est soi-même pas capable de rire, on essaie de vivre par procuration. Le fait de faire rire les gens, que cela venait de moi, j’en ramassais quelques éclaboussures et j’avais l’impression, à ces moments-là, de gagner un peu de bonheur par effet miroir. L’humour est une arme de défense efficace, la politesse du désespoir ainsi qu'un très bon médicament.

Jean Marc petite
Jean-Marc est adhérent-usager du groupe d'entraide mutuelle de l'association Espoir 54 , implantée à Nancy. Il raconte son expérience de l'hospitalisation et du GEM.

Interview réalisée par Jean-Bernard Gallois en novembre 2017.


Qu’est-ce qui vous a aidé pendant votre hospitalisation ?

Le fait de rencontrer des personnes qui ont la même maladie que moi, qui ont connu des situations assez dramatiques alors que je croyais être le seul au monde à être malheureux, triste et seul, d’avoir des boulets au pied et toute cette maladie qu’on traine comme un sac-à-dos de militaire. J’ai croisé des soignants qui étaient vraiment humains et d’autres un peu moins humains.

Est-ce que vous avez eu de l’écoute des soignants quand vous avez été hospitalisé ?

L’hospitalisation a été une période très difficile car j’arrivais très peu à parler. C’est seulement deux ou trois ans après que j’ai commencé à avoir confiance en certains soignants, une psychiatre, une psychologue. Mais, au début, c’est très difficile, car quand on est malade, quand on est au 36ème dessous, on n’arrive plus à verbaliser ce qu’on ressent.

Au sein du groupe d’entraide mutuel, qu’est-ce qui vous aide au quotidien ?

Tout. C’est un peu une famille à la seule différence que je suis là, j’écoute énormément les gens, je participe parfois aux conversations mais j’aime bien me mettre en retrait parce que j’estime que je ne serai pas capable.

Vous avez essayé de travailler ?

Je ne travaille plus car j’ai très bien compris que travailler dans une entreprise normale, c’est impossible. Mais il n’est pas dit qu’un jour, je ne remettrai pas le pied à l’étrier, dans le monde professionnel. D’ailleurs, j’ai fait beaucoup de bénévolat avec Espoir 54 et j’ai repris beaucoup de plaisir à être utile à la société, utile aux autres et puis utile pour moi et avoir une certaine fierté à me lever le matin à me dire : « je vais faire quelque chose ». La vie ne s’arrête pas au prononcé d’une quelconque maladie. Il y a des centres de post-cure qui peuvent vous aider, il y a des psychiatres et des soignants, il y a des associations et la vie continue et on lui doit de la vivre. Elle devient merveilleuse car on rencontre des gens qui sont, malgré leur handicap, peut-être plus humains que certains qui n’en ont pas.
Danielle Linossier est coordinatrice du pôle social et médico-social de Réha-Lise, le centre de réhabilitation psycho-sociale et de remédiation cognitive du département de la Loire implanté à Saint-Etienne. Elle pense que la mise en relation des usagers avec un réseau d’associations proposant des solutions d'accompagnement est indispensable à la réussite de leur projet de vie.

Entretien réalisé en mai 2017 par Jean-Bernard Gallois, journaliste.

Quels sont les besoins des personnes présentant des troubles psychiques ?

Les besoins des personnes présentant des troubles psychiques peuvent être multiples. Il peut s’agir de l’accès au logement, de l’accès à un travail ou à des loisirs. L’accompagnement proposé doit être traduit et modulable en fonction de leur état de santé. Et, bien sûr, il ne peut pas être le fait d’une seule institution. Il paraît indispensable de raisonner en termes d'accompagnement global et d’articuler le projet de soins et le projet de vie, d’où la nécessité de travailler en réseau pour répondre à ces besoins.


Comment est composé le réseau au sein de Réha-Lise ?

Le réseau est composé d’associations du secteur social, médico-social, de soignants, de représentants de familles et de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).


A quoi sert ce réseau ?

Ces différents acteurs se réunissent d'abord pour mieux se connaître, sachant qu’entre le secteur social, médico-social et sanitaire, les cultures sont différentes mais le travail complémentaire. Ils se réunissent aussi pour coordonner leurs actions. Actuellement, les participants travaillent sur le parcours des personnes. Pour donner un exemple, une personne hébergée dans un foyer souhaite changer d’établissement ou souhaite accéder à un logement individuel accompagné… Le fait que toutes ces institutions se connaissent et puissent travailler ensemble permet de trouver plus facilement des solutions et d'éviter les ruptures. un travail avec les différents secteurs de psychiatrie est également en cours sur l'évolution des besoins des patients et l'adéquation avec les dispositifs existants et les accompagnements proposés.

Combien d'associations font-elles partie du réseau ?

Aujourd'hui, nous travaillons avec douze associations présentes sur le département et des représentants des services de soins, de l'Unafam et de la MDPH.
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