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Collectif Schizophrénies
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Carr rencontre psychiatres

fleur blanche

Isabelle

Mon compagnon m'a conseillé d'alloir voir un psychiatre ...

« Au début de la période où j’ai entendu des voix, mon compagnon m’a conseillé d’aller voir un psychiatre. C’est ce que j’ai fait et le premier psychiatre que j’ai vu m’a expliqué que j’avais fait une surcharge de dopamine dans le cerveau. Au bout de quelques mois de discussions, il a proposé de me donner un traitement, ce que j’ai accepté même si j’avais un peu peur. J’ai pris ce traitement et les voix ont disparu. »

fleur jauneAlessia

Les psychiatres ne supportent pas que le patient s'interroge sur le bien-fondé d'un médicament...

« J'estime que ma prise en charge a été catastrophique et j'en veux aux trois structures où je suis allée : le psychiatre X, Sainte Anne et le centre expert fondaMental. Je considère qu'ils ont chacun une part de responsabilité pour avoir gâché plus trois ans de ma vie : de mars 2014 à juin 2017, Sainte Anne pour le diagnostic aberrant, l’introduction de neuroleptique, le manque d’écoute et la déformation de mes propos et enfin de m’avoir caché leur diagnostic ! Le psychiatre X, pour s'être aligné sur Sainte-Anne après mon hospitalisation (avant, il ne me prescrivait que des antidépresseurs), sans se poser la moindre question et avoir introduit le Léponex, pris pendant quasiment deux ans ! Lui aussi ne m’a jamais parlé du diagnostic de schizophrénie ! Et enfin le centre expert fondamental pour avoir changé d'avis, avoir émis un avis NON indépendant et s'être aligné sur sainte Anne et le psychiatre X, en validant de surcroît la prise du Léponex !

J’estime qu’il s’agit de trois structures incompétentes qui, de surcroît, se soutiennent et me font détester les psychiatres dont le corporatisme est vraiment dangereux ! Les psychiatres en général, et en particulier à Sainte Anne, ne supportent pas que le malade s’interroge sur le bien-fondé de la prise d’un médicament. Ils n’acceptent que les patients complètement soumis ! »

Delphin

J'aurais dû changer de psychiatre beaucoup plus tôt ...

fleur orange

Corinne

Le psychiatre nous a laissé entendre que le problème, c'était nous ...

« Le premier contact que ma fille Sophie a eu avec le monde de la psychologie, au sens général, s’est passé quand les relations avec ses grandes sœurs sont devenues compliquées. C’est Sophie elle-même qui m’a dit : « tu te rends compte, j’ai besoin d’aller voir un psychologue ».
Du coup, j’ai demandé à son médecin traitant qui l’a orientée vers un CMPP (centre médico psycho-pédagogique) où elle a été reçue par un psychologue ou un psychanalyste. Cela a été une expérience nulle car l’homme en question refusait que je conduise Sophie là-bas sous prétexte que c’était une démarche de sa part. Du coup, ça lui prenait une heure en bus, en plus, c’était quelqu’un qui ne parlait pas. Sophie, à l’époque, était très introvertie, elle n’avait rien à dire et lui non plus. Elle y est allée trois fois et n’a plus voulu y retourner sans que la personne ne m’ait dit qu’il y avait le moindre problème.
J’ai pris un rendez-vous avec un psychiatre dans un centre soit-disant spécialisé dans les problèmes psychiques de jeunes alors que Sophie était dans un retrait social très marqué, dans des délires. Il a reçu Sophie pendant une heure puis nous a reçus et nous a laissé entendre que le problème, c’était nous, alors qu’elle était une adolescente parfaitement normale. Après Sophie n’a plus voulu voir personne parce que ça n’allait pas mieux pour elle.
Puis, les choses se sont un peu aggravées et la personne à avoir prononcé le mot de « schizophrénie » a été le médecin traitant. Sophie est venue le voir souvent pour des petits maux qui la gênaient. Et comme il lui disait qu’elle n’avait rien, Sophie était en colère contre lui et elle est allée directement aux urgences. C’est comme cela qu’un jour, elle est allée aux urgences et ils l’ont gardée. Sophie avait 18 ans. »

crocus

 Olivier

J'ai côtoyé une quinzaine de psychiatres en 16 ans de maladie, c'est délicat de trouver le bon...

« Pendant très longtemps, je suis resté dans le déni en passant par tous les états. J'ai entendu des voix, eu des hallucinations visuelles et kinesthésiques. Puis j'ai dû changer de psychiatre car la mienne est tombé malade. J'ai eu la chance de retrouver une nouvelle psychiatre qui m'a beaucoup aidé, elle aussi, et pris du temps pour comprendre ce qu'il m'arrivait. Le diagnostic était posé, il ne restait plus qu'à trouver le bon traitement. Ce qui pris au total onze ans. En onze ans, j'ai dû essayer plus de 30 médicaments différents, que ce soient les antidépresseurs, les anxiolytiques, les neuroleptiques et autres.

Et puis, j'ai eu la chance de pouvoir continuer à avoir des consultations à l’hôpital Sainte-Anne avec un docteur, une pointure dans son métier. Grâce à ce dernier, je suis allé en maison de repos en région parisienne, et c'est là, après avoir épuiser le stock de neuroleptiques possibles, qu'on a introduit le Léponex qui m'a stabilisé par la suite. Tout ceci s’est fait en coordination avec un psychiatre de ma ville. Sans ces deux confrères, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui. Il aura fallu plus d'une dizaine d'années avant de trouver le bon traitement et d'accepter entièrement la maladie.
Certains psychiatres m'ont beaucoup aidé, d'autres moins. C'est une histoire de personnalité. Parfois cela passe, d'autre fois non. Mais, il va sans dire que c'est délicat de trouver le bon. J'en ai côtoyé plus d'une dizaine voire une quinzaine en seize ans de maladie. Je suis suivi aujourd'hui par un psychiatre en clinique privée ce qui me permet, si je ne vais pas bien, de rentrer directement en hospitalisation libre. Pour moi, cela s'apparente à de la prévention. Depuis le début de mon histoire, voici seize ans, j'ai toujours suivi l'avis de mes différents psychiatres. »

SouciCharlotte

Ma psychiatre n'a pas réalisé plus que ça que j'étais en rechute...

J’ai d’abord été hospitalisée là où je faisais mes études, à Tahiti, pendant une dizaine de jours avant d’être transférée à Bayeux. Les médecins de Tahiti disaient que j’allais sortir rapidement. J’ai finalement été hospitalisée deux mois à Bayeux. J’ai vraiment eu le sentiment d’aller mieux et d’avoir été aidée en sortant de l’hôpital après le diagnostic, qui a été posé en décembre 2018. En effet, quand j’étais à l’hôpital, je pense que j’étais encore trop mal pour comprendre que je devais y rester.
Le pire sentiment d’enfermement a été à l'hôpital du Rouvray, à Rouen, car il n’y avait rien pour se divertir ou réfléchir sur place. J’avais le sentiment de perdre mon temps et que je ne m’en sortirais pas si je ne pouvais pas avec des stimulations intellectuelles. J’ai alors commencé à lire et à dessiner pour me sentir mieux.

C’est en septembre dernier quand j'ai vu que les symptômes revenaient et que j’ai contacté ma psychiatre de Caen, que j’aurais aimé plus de prise en charge car elle n’a pas réalisé plus que ça que j’étais en rechute (alors que je lui disais).

rose tigeCaroline

Au début, j'ai eu beaucoup de mal à les croire quand ils disaient que j'étais malade...

« J'ai rencontré plusieurs psychiatres depuis le début de mon suivi en 2013. Je les ai tous rencontrés pour la première fois durant une hospitalisation. Au début j'ai eu beaucoup de mal à leur faire confiance et à les croire quand ils affirmaient que j'étais malade.  J'avais cette impression qu'ils me mentaient et qu'ils me prescrivaient de faux médicaments pour me faire croire que j'étais malade alors que ce n'était pas le cas. C'est étrange car cette idée m'a suivie longtemps. Encore parfois elle me traverse l'esprit. Alors au début je n'écoutais pas beaucoup les psychiatres ni les autres membres du personnel soignant à l'hôpital.

Lors de ma deuxième hospitalisation j'y suis allée de mon propre chef car je voyais bien que quelque chose clochait chez moi. Pourtant cette idée de faux médicaments revenait encore. Cela devait être l'expression de ma paranoïa grandissante. J'avais du mal à croire les psychiatres mais je ne rencontrais pas de difficulté à exprimer mon mal-être. Cela peut sembler paradoxal. Puis j'ai changé encore deux fois de psychiatres avant de tomber sur celui qui me sauva.
Ce psychiatre miracle comme j'aime l'appeler m'a donné foi en la psychiatrie. Il a su soulagé mes peines et mon mal-être. Il a posé des mots sur la douleur qui me rongeait. Il m'a expliqué ce qu'est la schizophrénie. Je l'ai vu très souvent pendant plusieurs mois, à raison d'une fois par semaine puis à la fin une fois toutes les deux semaines. Contrairement par le passé, je me rendais à chaque rendez-vous avec enthousiasme. Et même lorsque je n'allais pas bien du tout je me sentais soulagée à l'idée de le rencontrer à nouveau, je savais qu'il ferait tout pour m'aider et c'est ce qu'il fit. C'est grâce à lui si j'ai trouvé aujourd'hui la stabilité.
Après mon déménagement j'ai encore dû changer de psychiatre. Malgré tout je suis restée en contact avec mon psychiatre miracle. On s'échange de temps en temps quelques emails. Le psychiatre qui me suit actuellement est correct. Il n'y a pas le même feeling qu'avec le précédent mais je dois avouer qu'il m'aide quand même beaucoup. Il sait m'écouter et m'aider dans les périodes difficiles. Je lui fais confiance. Contrairement à certaines personnes je ne saurais me plaindre de mon médecin. J'en suis satisfaite. »

Delphin

On leur apprend qu'il y a deux sortes de gens, les normaux et les malades  ...


Carr annonce diagnostic

Bastien

Ni le médecin, ni l'équipe ne m'ont dit ce que j'avais ...

RonceGilles

C'est un de mes potes qui m'a parlé de schizophrénie ...

« La première fois que j’ai été à l’hôpital, les médecins ne m’ont pas vraiment parlé directement de la maladie. C’est un de mes potes qui m’a parlé de schizophrénie mais je lui ai dit que ce n’était pas ça, que j’avais eu un Texte de l'info-bulletat d’épuisement physique, mental, émotionnel et psychique dû à un environnement professionnel stressant et dont il est impossible de récupérer sur une courte durée">burn-out. Je me rappelle surtout qu’à partir du moment où j’avais repris mes esprits, j’avais discuté avec les médecins et leur avais demandé ce que j’avais le droit de faire ou pas. Effectivement, ils ont mis les choses sur la table, m’ont expliqué que j’avais un traitement, que je devais le prendre régulièrement, avoir un suivi. Au début, tu te sens un peu en bas de l’échelle, et puis après, tu prends ta vie en main. » 

Souci

 Charlotte

Malgré les voix, les médecins n’ont pas émis de diagnostic...

« J’ai souffert d’anorexie à 15 ans et je pense que j’aurais dû avoir un premier suivi psychologique à ce moment-là, car par la suite j’ai plus ou moins fui et pensé que c’était derrière moi. J'ai été hospitalisée en 2015 alors que j'avais 23 ans et que j'étais en cours à Tahiti. J'ai fait une bouffée délirant aigüe après avoir consommé du cannabis, être tombée sur le crâne et eu le chikungunya. Les médecins ont établi que c'était un évènement isolé, ce qui n’était pas le cas. J'ai arrêté le traitement six mois après comme cela était prévu avec le psychiatre. J'ai fait une rechute deux mois après l'arrêt du traitement et j'ai à nouveau été hospitalisée. Malgré les voix, les médecins n’ont pas émis de diagnostic et ont parlé d’un évènement isolé, puis d’une rechute.

J'ai donc repris le traitement pendant deux ans et demi. Je l'ai à nouveau arrêté en janvier 2018 avec l'accord de mon psychiatre. J'ai fait une rechute en septembre dernier alors que je suivais une formation d'un mois, en logeant sur place. La rechute s'est faite sur un mois et j'ai été hospitalisée en octobre sous contrainte à Rouen. J'ai été diagnostiquée schizophrène en décembre avant de sortir.

Je pense qu’il ne faut pas avoir peur du diagnostic, quitte à revenir dessus par la suite. Je me trompe peut-être mais je pense que la maladie est encore trop diabolisée et que les médecins ont peur d’en parler. Cela créé une peur chez le patient et son entourage qui ne fait qu’aggraver l’exclusion. » 

fleur roseCorinne

Je ne suis même pas aller chercher le mot sur internet ...

« Je pense que le trouble de Sophie a dû commencer vers 15 ans. Le médecin généraliste a dû prononcer le mot de schizophrénie à 17 ans, c’était un mot que je ne connaissais même pas. Pour vous dire la vérité, je ne suis même pas aller sur Internet pour chercher.
J’étais dans la gestion des difficultés du présent.
Mon médecin généraliste, je lui en serai toujours reconnaissant, j’en voudrais toujours à ce psychologue du CMPP qui l’a laissée partir dans la nature, sans nous rappeler, sans nous dire, « attendez, il y a quelque chose d’un peu inquiétant », et ce psychiatre qui nous dit quand Sophie a 17 ans, « votre fille va très bien » et un an après, elle était hospitalisée quand même. Cela, c’est scandaleux, c’est deux ans de perdus.
Après, on a eu la chance d’entrer dans un parcours de soin, c’est un moment extrêmement violent, et pour les jeunes qui se retrouvent dans des milieux… Sophie avait 18 ans, donc c’était la psychiatrie normale, avec des gens âgés, chronicisés, c’est effrayant… »

crocus

Olivier

je n'avais pas de psychiatre, donc mon médecin, pensant bien faire, m'a mis sous antidépresseurs...

« Tout a commencé par un burn-out professionnel à l'âge de vingt ans. Mon médecin traitant m'a rapidement mis sous tranquillisants : Valium, Xanax, Seresta... et bien d'autres encore. J'en faisais une consommation astronomique pour essayer d'enrayer ce que j'appelle un trouble anxieux généralisé. La dépression a suivi trois à quatre mois après. A l'époque, je n'avais pas de psychiatre, donc mon médecin, pensant bien faire, m'a mis sous antidépresseurs.

Plus le temps passait plus mon état empirait. Un an après le burn-out, ma mère a pris un rendez-vous avec mon premier psychiatre. Celui-ci a posé le diagnostic de Texte de l'info-bulleroubles de l’humeur se définissant par une alternance de périodes d’excitation et de dépression">bipolarité. Mon traitement comprenait du Depakote, du Solian et un antidépresseur dont je ne sais plus le nom, du Prozac je crois. J'ai pris ce traitement pendant une période que je ne rappelle plus.
Le temps passait et mon état ne s’arrangeait pas. Après quelques rendez-vous avec mon premier psychiatre, je me suis décidé à aller en voir un autre. Une femme, cette fois-ci. J'avais une grande confiance en elle. Elle m'écoutait et prenait son temps pour moi. C'est elle qui me prescrivit un nouveau médicament qui venait d'arriver sur le marché français, l'Abilify. On a commencé avec des petites doses puis on a augmenté. Pour elle, le diagnostic était tout autre. Je suis passé de bipolaire à schizophrène dysthymique. Ce qu'on appelle aussi schizophrénie pseudo-affective. Un mélange entre schizophrénie et troubles bipolaires d'une certaine façon.
J'ai eu la chance de trouver récemment une nouvelle psychiatre qui m'a beaucoup aidé, elle aussi, et pris du temps pour comprendre ce qu'il m'arrivait. Le diagnostic était posé, il ne restait plus qu'à trouver le bon traitement. Ce qui a pris, au total, onze ans. »

rose tige

Caroline

Pour la première fois, on me parla de la schizophrénie sans donner de détails...

« Après l'enterrement de mon père, j'ai été une nouvelle fois internée. La mort de mon père fut alors, je pense, comme un catalyseur de la maladie. Pour la première fois on me parla de la schizophrénie sans me donner de détail. On a une nouvelle fois instauré un traitement , toujours avec des antipsychotiques. Je suis restée hospitalisée, environ deux mois. À ma sortie j'avais encore un traitement lourd qui avait pour effet secondaire principal de me faire dormir. Lorsque j'ai repris une activité professionnelle, ma cheffe pensait que j'étais narcoleptique car je m'endormais fréquemment.
J'ai donc poursuivi ma vie en étant hôtesse d'accueil en entreprise et sous traitement. Ce traitement qui ne me convenait pas, j'ai fini par le prendre de façon très irrégulière jusqu'à me retrouver à nouveau hospitalisée. Trois fois par la suite. C'est lors de l'avant-dernière hospitalisation que j'ai tout compris. Grâce à l'aide d'un psychiatre extraordinaire qui m'a ouvert les yeux. Après de longs entretiens, il m'a bien confirmé le diagnostic d'une schizophrénie.

»


Carr thme hospitaliastion

Paulpense

Déchiqueté par des milliers de pensées que je ne contrôle plus ...

« La porte s’ouvre sur un hall, on est accueilli par des gens habillé en blanc, je me sens rassuré, l’atmosphère qui m’habitait dans la voiture retombe, c’est un autre milieu, mes pensées changent.
Je suis toujours aussi tendu, je ne dors plus depuis trois jours.
L’intérieur de mon corps lui, va exploser. Mon âme va faire exploser ce corps dans lequel elle ne peut plus être contenue. Je sens qu’elle est comme déchiquetée par des milliers de pensées que je ne contrôle plus. Je perçois en moi la source de ces pensées. Mais malgré cette lucidité, mon agitation mentale est un puits sans fin qui déborde et me détruit.
Dans ce hall, ma femme pleure, elle est très triste. Son frère lui essaie de gérer la situation. Ils parlent avec les gens en blanc. Je sens que je suis l’élément central de ces discussions mais n’en ai pas assez conscience. Je sens bien aussi que maintenant je suis en sécurité, mais je vis les événements de deux manières bien distinctes.
Une partie de moi, lucide, sais que c’est le début d’une guérison, et l’autre partie ne se pose aucune question et enchaîne les évènements avec une grande rapidité.
Ca y est, leur discussion semble terminée. Un bonhomme, petit, cheveux bruns, vient à notre rencontre et nous emmène tous les trois avec une dame dans une petite pièce. »

crocus

 Olivier

J’ai été hospitalisée une quinzaine de fois, toujours en clinique privée ...

« J'ai été hospitalisé une quinzaine de fois, toujours en clinique privée. Je suis allé en hôpital psychiatrique une fois, ce qui m'a permis de comprendre que mon état n’était pas aussi critique que ce que je pouvais penser. J'y ai rencontré des patients dans leurs délires, des malades chroniques qui étaient, les pauvres, hors de la réalité.

Cela m'a permis de comprendre que je n’étais pas un cas sans espoir et j'ai admis de me remettre en question. J'ai peur des hôpitaux psychiatriques et je préfère de loin le cocon protecteur qu'une bonne clinique privée ou maison de repos peut me donner. Que cela soit en région parisienne ou même dans mon département. Je garde en tête que je suis protégé par la clinique qui me prodigue des soins adaptés et où je ne suis pas traité comme un cas où un malade lambda. Je ne porte pas de jugement mais j'ai mes habitudes. »

gentJean-Marc

Ce qui m'a le plus aidé a été de rencontrer des personnes qui avaient la même maladie que moi ...

« Ce qui m’a le plus aidé pendant mon hospitalisation a été le fait de rencontrer des personnes qui ont la même maladie que moi, qui ont connu des situations assez dramatiques alors que je croyais être le seul au monde à être malheureux, triste et seul, d’avoir des boulets au pied et toute cette maladie qu’on traine comme un sac-à-dos de militaire. J’ai croisé des soignants qui étaient vraiment humains et d’autres un peu moins humains. »

fleur rose

Caroline

Je me suis sentie très mal durant l'hospitalisation sous contrainte...

« Depuis 2013 jusqu'à aujourd'hui j’ai été hospitalisée sept fois, dans quatre hôpitaux différents. J'ai toujours été dans des services fermés. Bizarrement je me suis très vite adaptée dans ces différents établissements. Je me suis adaptée aux règles et à la façon de fonctionner du personnel soignant. En psychiatrie il y a un rythme à suivre. On se lève chaque matin à la même heure, on prend nos repas toujours à la même heure, on fait des activités toujours à la même heure, on prend nos médicaments toujours à la même heure, enfin on se couche toujours à la même heure. J'avais l'impression que tout était chronométré.
La seule fois où j'ai été en hospitalisation sous contrainte, je me souviens que je me suis sentie très mal durant cette hospitalisation. Je ne me sentais plus humaine. J'avais l'impression de plus avoir aucun droit, d'être une moins que rien. Au début j'étais en colère contre mes cousines. Mais après j'ai compris qu'elles s'inquiétaient pour moi et qu'elles avaient fait cela pour mon bien.

Après cette hospitalisation imposée j'en ai vécues trois autres. Mais que j'avais choisi, conseillée par mon psychiatre miracle. La dernière avait pour but la mise en place de mon traitement par injection. Après environ une hospitalisation par an depuis 2013, je n'en ai faite aucune en 2018. Une victoire pour moi. »

RonceGilles

Aller à la cafétéria, c'est la sortie de la journée ...

« Ce qui n’est pas facile, c’est que tu es vraiment enfermé et que ta vie est réglée comme du papier à musique. Tu te lèves le matin, tu prends ton petit-déj, à dix heures, on te donne le goûter, à midi, c’est le repas. C’est vraiment rythmé par les repas. Il y avait des tables de ping-pong, donc on jouait au ping-pong quasiment toute la journée ou aux cartes. Après quelques jours, j’ai eu la possibilité d’aller à la cafétéria avec le personnel soignant. Aller à la cafétéria, c’est la sortie de ta journée, alors hein… Au bout de quelques jours, ce n’était pas évident. »

crocus

Isabelle

J’aurais pu éviter l’hospitalisation en apprenant à gérer mes voix ...

« Comme les voix étaient très fortes, j’ai décidé de me faire hospitaliser au bout de trois mois. Je suis resté dix jours à l’hôpital. Cela m’a fait du bien car le traitement qu’ils m’ont donné les trois premiers jours m’a fait énormément dormir.
Ensuite, le fait de passer dix jours loin de chez moi m’a fait du bien. En plus, l’ambiance était assez sympathique avec l’équipe et les patients. Cela m’a fait du bien. Mais j’aurais pu éviter l’hospitalisation en apprenant à gérer mes voix dès le début de ma prise de médicaments, en 2010. Parce qu’au moment de l’hospitalisation, j’étais un peu démunie. Je ne savais pas quoi faire avec mes voix, j’avais peur des voix, c’est pour cela aussi que j’ai choisi de me faire hospitaliser. »

fleur jauneAlessia

Je n'étais plus autonome et j'étais incapable de rentrer chez moi...

« J’étais  très bien installée dans une chambre spacieuse et individuelle. Là-dessus, rien à redire. Un premier entretien s’est déroulé avec quatre ou cinq personnes : le chef de service, deux psychiatres, un interne, un ou deux stagiaires : deux médecins posaient des questions, un ou deux notaient tout ce que je disais et l’un m’observait !

Les médecins ont instauré immédiatement un nouveau traitement avec un nouvel antidépresseur, et ils ont ajouté un neuroleptique. Je me suis étonnée de la mise en place d’un neuroleptique. Les médecins m’ont répondu que cela allait permettre de renforcer l’efficacité de l’antidépresseur.

Très vite, je me suis plainte car je me sentais dans un état bien pire :  sans aucune envie, apathique, couchée quasiment toute la journée, ne faisant rien de mon temps (aucune lecture, aucune écriture). Je n’avais envie de rien et passais mes journées alitée à entendre (plus qu’écouter) France Culture sur un petit poste de radio. Je n’étais plus autonome... et me sentais incapable de rentrer chez moi ! Mon état s’est donc dégradé à Sainte-Anne.

Mes amis, ma famille ne me reconnaissaient plus : J’étais vraiment devenue une autre Alessia : un vrai légume ! »

trfle

 Corinne

Nous avons été traumatisés par ce lieu, d'une violence énorme...

« La première fois que Sophie a été hospitalisée sous contrainte à Villejuif, nous avons demandé à la faire sortir au bout d’une semaine tellement nous étions traumatisés, malheureux par ce lieu, d’une violence énorme… A l’époque, on pouvait le faire, mais maintenant ce n’est plus possible car il y a un juge qui intervient. »

rose tigeCharlotte

Il n'y avait rien pour se divertir ou réfléchir, sur place...

« J’ai d’abord été hospitalisée à Tahiti pendant une dizaine de jours avant d’être transférée à Bayeux. Les médecins de Tahiti disaient que j’allais sortir rapidement. J’ai finalement été hospitalisée deux mois à Bayeux. J’ai vraiment eu le sentiment d’aller mieux et d’avoir été aidée en sortant de l’hôpital après le diagnostic, en décembre 2018. En effet, quand j’étais à l’hôpital, je pense que j’étais encore trop mal pour comprendre que je devais y rester. Le pire sentiment d’enfermement a été au Rouvray, à Rouen, car il n’y avait rien pour se divertir ou réfléchir sur place. J’avais le sentiment de perdre mon temps et que je ne m’en sortirais pas si je ne pouvais pas être sollicitée intellectuellement. J’ai alors commencé à lire et à dessiner pour me sentir mieux. »

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